Dans la nuit.
Mon Dieu, mon Dieu, comment accomplir ce que j’ai promis ? comment supporter ?
....... ......... ....
Tout dormait au château. Absorbée dans une rêverie accablante, je laissais les heures passer, sans songer même qu’elles s’écoulaient... On frappa à ma porte, le pressentiment d’une nouvelle épreuve me traversa le cœur. J’ouvris, c’était Renée. Nous nous regardâmes un instant, les yeux dans les yeux.
— J’ai à vous parler, dit-elle enfin.
En silence, je m’écartai pour la laisser entrer, elle franchit le seuil de ma chambre, et sa robe m’effleura en passant. Son visage, éclairé par la lumière qu’elle portait à la main, avait pris, sous l’empire de la résolution qui l’animait, une expression de rigidité ; les yeux fixes, grands ouverts, elle marchait, la tête haute, d’un pas lent et automatique. Arrivée près de ma table, elle s’assit sur le fauteuil que je venais d’abandonner, et, avec un geste hautain, me désigna un siège en face d’elle. Cette femme, était-ce bien Renée ? L’étonnement absorbait toutes mes facultés et, muette, j’attendais ce qui allait venir.
— Thérèse ! commença-t-elle de cette voix sourde qui m’avait déjà frappée, Thérèse, je sais tout et je viens...
A ces mots, je compris, et, me levant toute droite, je l’interrompis brusquement. Un seul instinct me dominait, celui d’arrêter sur ses lèvres les paroles qu’elle allait prononcer.
— Toute explication est inutile ; chassez-moi, vous en avez le droit, mais ne me demandez rien.
L’idée de nier ou de feindre ne me traversa même point l’esprit. Elle parut ne pas m’avoir entendue et continua :