Note 42:[ (retour) ] M. Aimé Champollion a inséré dans son édition les deux premières de ces ballades, et il a supprimé la troisième. Il ajoute en note, p. 443: «Il suffira de la lire (les deux premières ballades) sans grande attention pour voir qu'elle n'est point de Charles d'Orléans; son texte et ses rimes sont des plus mauvais.» Boileau était moins sévère pour François Villon.
Note 43:[ (retour) ]
Les relations littéraires de Charles d'Orléans et de Villon, qu'on n'a peut-être pas assez remarquées, ont laissé dans les ouvrages du dernier une trace qu'on retrouve, pour ainsi dire, à chacun de ses vers: nous ne citerons qu'un exemple. Charles d'Orléans adresse à sa maîtresse une ballade (p. [22]) où nous lisons:
Au fort, martir on me devra nommer,
Se Dieu d'amours fait nulz amoureux saints,
Car j'ay des maulx plus que ne scay compter.
Puis qu'ainsi est que de vous suis loingtains.
Ouvrons le petit testament de Villon:
Au fort, je meurs amant martir,
Du nombre des amoureux sains.
Nous trouvons aussi parmi les collaborateurs de Charles d'Orléans, René, roi de Sicile et duc d'Anjou, qui est indiqué dans le manuscrit sous le nom de Secile, le cadet d'Albret (le cadet Dalebret ou simplement le Cadet), Jean II, duc d'Alençon, le grant Seneschal (selon l'abbé de la Rue[44], ce personnage était Pierre de Brézé, comte de Maulévrier, grand sénéchal d'Anjou, de Poitou et de Normandie), le comte de Nevers, le vicomte de Blosseville qui avait suivi Charles d'Orléans en Angleterre[45], et quelques autres gentilshommes que nous nommerons plus loin[46]. Les poésies de ces auteurs sont fort médiocres. Divers chansons ou rondels portent le nom du duc de Bourbon et du comte de Clermont; il faut ici, pour éviter les méprises, donner quelques éclaircissements.
Note 44:[ (retour) ] Essais hist. sur les Bardes, etc. t. III, p. 327.
Note 45:[ (retour) ] Essais hist, sur les Bardes, etc, t. III. p. 322.
Note 46:[ (retour) ] Voyez la Liste des auteurs, p. xxiv.
Trois ballades de Charles d'Orléans[47] sont adressées à un duc de Bourbon; ce duc est Jean Ier, qui avait été fait prisonnier à Azincourt, et qui mourut à Londres en 1433. Jean II, comte de Clermont, petit-fils de Jean Ier, prit à la mort de Charles son père (1456) le titre de duc de Bourbon; il est l'auteur des rondels que nous allons citer: p. [303] (Rondel Clermondois), [309], [310] et [354]. Au rondel de la p. [383], il est désigné sous le nom de Bourbon jadis Clermont; le duc son père venait de mourir, et ceci nous explique les deux premiers vers du rondel suivant, où Charles d'Orléans dit:
Comme parent et alyé
Du duc Bourbonnois à present[48].
Note 47:[ (retour) ] Pag. [148]-150.