Note 19:[ (retour) ] Page [67].
Note 20:[ (retour) ] Page [68].
Quelques-unes des ballades suivantes viennent confirmer l'inconstance de l'amant de Beaulté; cependant ne le condamnons pas sans l'entendre. Le poète qui avouait si ingénuement son infidélité a eu le soin de nous laisser aussi sa justification sous la forme de deux ballades, où tout ce que l'allégorie a de plus ingénieux, tout ce que la forme du langage a de plus frais et de plus élégant, tout ce que la pensée offre de plus naïf et de mieux senti, se trouve rassemblé[21]. Nous nous rangerons volontiers à l'opinion de ceux qui compteront ces deux ballades au nombre des plus charmantes du recueil.
Note 21:[ (retour) ] Voyez la ballade qui commence à la p. [70] et la suiv.
Charles d'Orléans avait épousé en 1410 (d'autres disent qu'elle lui fut seulement fiancée) Bonne d'Armagnac; or, quelques critiques guidés sans doute par un sentiment de haute moralité, ont cru voir dans Bonne d'Armagnac la femme si éloquemment chantée par le prisonnier. Mais comme cette conjecture, que rien dans les manuscrits ne peut autoriser, tendrait tout simplement à rendre inexplicable le tiers des poésies composées par Charles d'Orléans, nous devons nous y arrêter un instant.
Dans quelques-unes de ses premières poésies, Charles d'Orléans se plaint douloureusement, parfois avec un certain dépit, des rigueurs de sa dame, et la forme de ces reproches ne peut en vérité convenir aux calmes relations d'une union conjugale[22]. Nous signalerons aussi une ballade où le prisonnier dit la joie que lui causera, à son retour en France, la présence de cette même dame, à laquelle il recommande de craindre Dangier qui les épie, mais qui à la fin trompé sera[23]. Ces particularités et nombre d'autres semblables que nous omettons, ne paraissent pas devoir s'appliquer à une épouse légitime. Mais continuons: Bonne d'Armagnac mourut un mois après la bataille d'Azincourt, et il est matériellement impossible que dans ce court intervalle les deux époux aient eu le temps d'écrire, l'un ses nombreuses ballades, l'autre ses chansons. Enfin, le duc de Bourbon, aussi prisonnier en Angleterre, revint en France, et à cette occasion son cousin Charles d'Orléans lui adressa une ballade où il dit: Recommandez moy sans point l'oublier, à ma Dame[24]. Or le voyage du duc de Bourbon est de l'année 1417, et Bonne d'Armagnac était morte en 1415. Quant au nom de la femme que nous avons appelée avec le poëte Beaulté, car nous la soupçonnons fort d'être aussi la dame de la ballade, c'est une petite énigme littéraire dont les manuscrits ne donnent pas le mot, et que nous laisserons à nos successeurs[25].
Note 22:[ (retour) ] Voy. la ballade de la page [27] (Belle que je tiens pour amye); voy. la chanson de la page [194] (Quelque chose que je die), etc., etc.
Note 23:[ (retour) ] Pag. [61].
Note 24:[ (retour) ] Pag. [148].
Note 25:[ (retour) ] En ouvrant l'édition des poésies de Charles d'Orléans publiée par M. Aimé Champollion, nous n'avons pas été médiocrement surpris de trouver des ballades ainsi intitulées: Ballade sur la maladie de la duchesse d'Orléans; Ballade sur la guérison de la duchesse d'Orléans; Ballade sur les obsèques de la duchesse d'Orléans, etc., etc. J'ignore dans quel manuscrit le nouvel éditeur a puisé les titres de ces ballades; mais je ne puis véritablement adopter son avis sur ce point.