Il ne faut plus que la maternité soit pour les femmes de ces régions un danger très souvent mortel, alors qu'une intervention intelligente, pourrait sauver à la fois l'accouchée et l'enfant qu'elle vient de mettre au monde.
Après l'expulsion des annexes foetales, on ne procède à aucun lavage des parties génitales. La matrone saisit une des jambes de l'accouchée, place son pied sur les parties génitales externes de cette dernière et opère un mouvement de traction sur le membre inférieur; elle s'arrête seulement au moment où un craquement se fait entendre.
Cette méthode est destinée, paraît-il, à «remettre en place les os qui se sont déplacés pendant la grossesse»; puis les cuisses de la femme sont rapprochées et du massage est fait sur toutes les parties du corps.
De larges cordons de laine sont posés autour du ventre, sur une hauteur de 10 à 15 centimètres.
Après l'accouchement la primipare garde le repos pendant sept jours, la multipare pendant cinq jours seulement.
Les soins qui sont donnés au nouveau-né sont les suivants: Enduit de beurre fondu avec du sel, il est mis au sein une heure environ après sa naissance, si l'état de la mère ne lui permet pas de l'allaiter, ce sont les femmes de la bêchera (village), qui le nourrissent.
Vers deux mois on commence à lui donner du lait et de la semoule, à six mois il peut manger de la viande; mais bien qu'il soit nourri par des aliments solides, l'allaitement se poursuit jusqu'à deux ans et parfois jusqu'à un âge plus avancé.
Les entérites sont fréquentes. La mortalité est grande chez les enfants.
La fille chaouïa est mariée vers douze ans, et, qu'elle soit nubile ou non, m'a-t-on affirmé à Ménaâ, elle subit les approches du mari.
Il ne s'en suivrait aucune conséquence fâcheuse; quelquefois seulement une hémorrhagie assez considérable se produit, due sans doute à une déchirure dépassant l'hymen et empiétant sur le périné; mais elle n'en souffre pas et un mois après son mariage, la jeune femme «devient grasse comme une mule».