Elle survient soit par suite d'infection septique, soit par empoisonnement.

A Ménaâ, le village qui vient après Chir, j'ai su qu'une toute jeune femme était morte après l'absorption d'une infusion de laurier-rose qu'elle avait prise après avoir vainement essayé les autres moyens habituels.

Je crois pouvoir affirmer que les maladies utérines sont rares chez les femmes de l'Aurès, d'après les témoignages que j'ai pu recueillir et d'après mes propres observations.

A quoi cela tient-il?

Les mauvaises conditions dans lesquelles se font les accouchements, la fréquence des manoeuvres abortives devraient les prédisposer plus que toutes les autres aux inflammations, aux déviations, en un mot à toutes les affections de l'appareil génital.

Il n'en est rien cependant.

Je n'ai observé que très peu de métrites, pas de salpingites, pas de vaginites.

J'attribue l'absence de ces maladies à l'état des parties génitales de l'homme. On ne trouve pas de blennorrhagie chez l'homme habitant les montagnes de l'Aurès d'une façon permanente, la maladie y est même inconnue; or, nous savons combien redoutable pour les maladies de l'appareil génital est le gonocoque.

Chez les musulmans les ablutions sont imposées par la loi religieuse; la verge, débarrassée des sécrétions, des souillures contenant un plus ou moins grand nombre de microbes n'apporte pas dans les voies génitales de la femme d'agents de contamination.

Je sais bien qu'on pourra m'objecter que les ablutions peuvent se faire avec de la terre ou du sable, si l'eau n'est pas à la portée de celui qui doit les faire; mais je parle ici de la région Aurasique, où l'eau est abondante et où elle est toujours employée.