Reste encore la question des métrites, des salpingites, reliquat des infections septiques, d'une mauvaise parturition.

Elles n'existent pour ainsi dire pas ou très rarement pour l'excellente raison que la mort est presque toujours la conséquence de l'infection puerpérale chez les femmes indigènes.

La mortalité des femmes en couches est grande. La mortalité des femmes atteintes d'infection puerpérale est presque constante.

Et comment pourrait-il on être autrement quand on voit qu'aucune intervention n'a lieu quand l'expulsion du foetus ne se fait pas spontanément, qu'aucune intervention efficace ne vient au secours de la femme qui n'arrive pas naturellement à la délivrance complète?

Ainsi que je l'ai déjà dit, on n'emploie jamais de manoeuvres manuelles, et quand par une simple introduction de la main à la recherche du placenta une femme pourrait être sauvée, n'est-il pas déplorable de la voir succomber à cause de l'ignorance dans laquelle se trouve la matrone qui l'assiste?

Une véritable question d'humanité se pose et j'y insiste.

Dans un pays qui est devenu le nôtre, toute une population demeure ignorante des bienfaits les plus essentiels de la science médicale. On dit qu'elle ne désire pas s'initier à nos moeurs, à nos usages, à nos coutumes parce que la religion met une barrière infranchissable entre eux et nous.

Peut-être! mais n'est-il pas possible d'écarter toute idée de prosélytisme religieux et de respecter leur foi tout en leur apprenant à soulager leurs maux. C'est en se faisant résolument laïque pour pénétrer jusqu'à eux que la science évitera de les mettre en défiance. Apprenons-leur à se sauver de la maladie sans exiger d'eux une conversion en échange de médicaments.

Et, le jour où nous irons vers ces indigènes, leur affirmant et leur démontrant que nous respectons la religion qu'ils pratiquent, nous aurons la presque certitude de les voir se rallier à nos idées civilisatrices.

A côté de la question d'humanité vient se placer le grand intérêt qu'il y a pour nous à nous attacher les indigènes, à nous les assimiler.