Nombre d'hommes de haute valeur s'occupent depuis longtemps de cette importante question au point de vue de la colonisation.
Or, une remarque très judicieusement faite, établi que la femme arabe est peut-être plus réfractaire que l'homme à l'assimilation.
Il y a là une cause à rechercher.
Quand on a essayé de civiliser les indigènes, on s'est toujours adressé à l'élément masculin.
Bon nombre d'enfants ont été mis dans les écoles, on en a fait des médecins, des avocats, des officiers.
De la femme, on ne s'est jamais occupé!
Si on a tenté de le faire en créant des écoles, «l'oeuvre n'a pu être continuée, dit M. le docteur Trolard, dans ses articles sur l'Algérie, parce que non surveillées, non subventionnées, ces écoles perdirent leur clientèle et furent abandonnées.
Et cependant ajoute-t-il, vouloir amener les indigènes à notre civilisation et en même temps les isoler des colons, et laisser leurs femmes sans instruction est la plus grande des erreurs.
Tant que la mère des enfants, celle qui donne à leur esprit les impressions si tenaces du premier âge sera maintenue dans la condition d'ignorance où nous la trouvons aujourd'hui, on ne peut espérer soit l'acclimatement de nos moeurs dans un milieu réfractaire, soit leur greffe sur les sauvageons de la barbarie.»
Et quel moyen plus puissant y aurait-il pour aider à l'assimilation que de placer auprès des femmes indigènes des femmes médecins qui apporteraient un soulagement à leurs souffrances et les initieraient progressivement à tous les bienfaits de notre civilisation.