Elles pourraient réunir à de certaines époques; de l'année les matrones d'une région, les instruire, leur enseigner la pratique des accouchements, leur apprendre à soigner les petits enfants.

Les matrones porteraient à leur tour au sein du foyer arabe, surtout à la mère de famille, nos moeurs, nos habitudes, un commencement de progrès qui serait d'autant plus volontiers accepté qu'on s'adresserait aux misères les plus grandes, celles qui touchent le plus la créature humaine: la maladie.

Chez nous ne voit-on pas le médecin devenir l'ami de la famille? ses idées, ses conseils ne sont-ils pas suivis même en dehors de son domaine technique?

Personne n'ignore combien grande est son influence, précisément parce qu'il agit souvent sur l'esprit aux heures où la maladie a affaibli la volonté et rendu le tempérament docile.

Faut-il ajouter que les indigènes ne permettent jamais aux médecins hommes de visiter les parties génitales de la femme.

Les femmes seules peuvent les soigner et qu'ainsi, comme l'affirme le lieutenant-colonel Villot, ancien chef du bureau arabe, pour les causes qui viennent t d'être sommairement exposées, des femmes docteurs en médecine et connaissant la langue arabe pourraient en Algérie, rendre de grands services.

Les Anglais ont crée aux Indes des hôpitaux pour les femmes, toujours dirigés par des doctoresses; mais ils mêlent à leur humanitarisme et à leur désir d'assimilation, une préoccupation de prozélytisme religieux.

Nous ferions mieux encore en Algérie si nous arrivions à pénétrer la vie intime indigène, sans chercher à lui imposer notre croyance.

C'est le seul vrai moyen de gagner l'arabe à notre cause.

La matrone de Chir est une femme extraordinairement intelligente, fort considérée dans le pays où elle est consultée par le cadi dans bien des cas.