Elle a assisté à la consultation que j'ai donnée dans son village, et elle était la première à engager les femmes à se laisser examiner.

Je lui est montré l'emploi du spéculum, de l'injecteur, lui expliquant que les injections d'eau bouillie et ramenée à la température de 40° 42° étaient employées dans les hémorrhagies utérines.

Je lui ai dit que nous allions à la recherche du placenta quand il restait dans l'utérus; je lui ai démontré certaines de nos interventions dans le cas de non expulsion spontanée du foetus. Elle comprenait et son étonnement était grand.

Mais combien plus utile eut été mon enseignement si à la démonstration j'avais pu joindre la pratique.

Malheureusement mon court séjour dans les montagnes de l'Aurès ne me l'a pas permis. Je suis certaine que cette matrone ferait en peu de temps une excellente sage-femme et qu'elle pourrait rendre ainsi d'inappréciables services à ses coreligionnaires; mais comme les matrones ne viendront pas dans nos écoles, c'est par région qu'il faudrait les grouper et aller les instruire sur place, au début tout au moins.

Le 14, après notre dîner, le cheik nous fait prévenir que pour nous remercier la musique viendra jouer devant la porte de notre gourbi et qu'une femme dansera.

Le cheik, le cadi, le bachadel viennent s'asseoir près de nous.

Et la danse dure jusqu'à onze heures.

Le 15, à onze heures et demie, nous quittons Chir non sans nous rendre chez le cheik et avoir donné des soins à ses femmes.

Nous traversons la plus jolie partie de l'étroite vallée de l'Oued Abdi, ayant à notre gauche des jardins et des jardins, encore plantés d'arbres fruitiers: abricotiers, grenadiers, figuiers, quelques plants de vigne.