Devant nous trois musiciens dont deux frappent sur un tambourin, alors que le troisième tire des sons d'une trompette en bois.
Nous arrivons à Menaà qui m'apparaît comme la capitale de l'Aurés, et tandis que nos mulets gravissent le sentier raide et difficile d'accès qui va des bords de la rivière dans Menaà même, je regarde ce curieux village, ces sortes de couloirs sous lesquels nous passons pour arriver sur une petite place, ces maisons bâties en terre, etc.
Vu de loin, Menaà a la forme d'un pain de sucre. C'est un rocher sur lequel a été bâti le village.
Tout en haut la mosquée construite, paraît-il, depuis des siècles; des ruelles presque à pic mènent à la partie supérieure du village et il faut de véritables efforts des muscles du mollet pour les parcourir.
Menaà, par son originalité, par sa situation heureuse au milieu des jardins, laisse dans l'esprit un souvenir inoubliable.
A 600 mètres d'altitude, et au confluent de l'Oued Abdi et de l'Oued Bouzina, le village est pourvu de nombreuses sources.
Nous sommes reçus avec empressement, et déjà de nombreux malades de Nara, village situé sur un plateau qui vient aboutir à la première ligne des crêtes de la rive gauche de l'Oued Abdi, sont venus à notre rencontre.
Les indigènes de Menaà m'ont manifesté une véritable sympathie. Ils sont bons et paraissent reconnaissants des soins qu'on leur donne. Je n'ai qu'à me louer d'eux, comme de tous ceux que j'ai vus pendant mon séjour dans les montagnes.
La dernière partie de la journée du 15 a été consacrée au repos.
Le lendemain, 16 mai, je commence ma consultation par les femmes de Nara qui doivent s'en retourner chez, elles.