A une heure de l'après-midi, nous entrons au bordj, heureux de penser que nous allons pouvoir nous sécher et nous chauffer un peu.

Le soir du même jour, l'administrateur-adjoint qui m'accompagne et qui est déjà très faible de santé, tombe malade. Sous la pluie, il a contracté une bronchite qu'il gardera quelques jours.

El-Outaya, qui veut dire la plaine, est situé sur la ligne du chemin de fer de Batna à Biskra. C'est une oasis avec de nombreux palmiers.

C'est là que se trouve la montagne de sel que les touristes viennent visiter.

Nous couchons au bordj et le lendemain, accompagnée de mon interprète chaouïa, je prends le train qui me mènera à Biskra. Aussitôt arrivée, je me rends chez l'Agha Ben Gana qui, très aimable, nous invite pour le lendemain soir à dîner.

Le 28, je donne une consultation aux femmes de l'Agha et de ses deux frères Mohamed, le caïd de Tuggurt et Hamida, et le soir, en compagnie de Mlle Taïeb, mon interprète, et de l'administrateur-adjoint qui est venu me rejoindre, je reçois de Ben Gana la plus gracieuse hospitalité. Il pousse l'amabilité jusqu'à mettre une voiture à notre disposition pour visiter le lendemain, les environs de la ville.

La façon généreuse et somptueuse dont on est reçu dans la maison de l'Agha est d'ailleurs proverbiale dans la région.

été fournis par des officiers qui en avaient vues à Tuggurt. J'ai appris là que l'année dernière une étudiante étrangère à nos facultés était venue à Biskra et s'était fort intéressée au sort des femmes indigènes, comme j'apprendrai à mon retour à Constantine qu'un couple anglais soigne les femmes et les petits enfants arabes et qu'il est très aimé dans la ville.

Le 31 au matin nous nous disposons à partir, mais mon interprète, peu habituée à voyager, n'est pas au rendez-vous indiqué et nous fait manquer le train. C'est donc le premier juin seulement que nous retournons à El-Outaya, munis de quelques nouveaux médicaments.

Je vois une trentaine de consultants parmi lesquels j'en reconnais 18 malades, 10 femmes et enfants et 8 hommes. Deux femmes dans un état de grossesse assez avancée sont atteintes de syphilis. Chez un enfant de douze ans, j'observe une tumeur bosselée de de la rate qui occupe le côté gauche du ventre et descend jusque dans la fosse iliaque; une perforation du voile du palais chez un enfant de dix ans; de la malaria, des affections oculaires, etc., etc.