De ce rapide compte-rendu de mission, au point de vue médical, il ressort que les maladies sont nombreuses chez les indigènes des montagnes de l'Aurès.
La syphilis règne sur presque tous les sujets, acquise ou héréditaire.
La malaria sévit avec intensité, les cas observés pendant le cours de la mission sont nombreux et il est à remarquer que le printemps n'est pas l'époque où elle se montre plus particulièrement. C'est surtout à l'automne, qu'elle subit une recrudescence. Le type quarte est le plus fréquent.
Les accouchements se font par les seules lois de la nature; aucune intervention intelligente et efficace n'a lieu, quand une complication survient; par suite, la mortalité des femmes en couches est grande.
L'enfant, dans le premier âge, ne reçoit aucun soin parce que l'ignorance de la mère et des matrones, ne leur permet pas de lui apporter les secours nécessaires quand il est atteint par la maladie. Un grand nombre d'entre eux succombent et la sélection est terrible.
Les maladies utérines sont rares, parce que la blennorrhagie n'existe pour ainsi dire pas et que le gouvenque, grand facteur des affections ressortissant à la gynécologie n'est pas importé dans les voies génitales de la femme.
Les métrites à streptocoques, reliquat d'une infection puerpérale sont rares aussi, parce que les femmes atteintes par les accidents de la puerpéralité meurent presque fatalement.
L'avortement se pratique sans aucune retenue chez les femmes de l'Aurès qui ne le considèrent pas comme un crime, quand il est provoqué dans les premiers mois de la grossesse.
Il est la conséquence des moeurs dissolues de la région.
Les affections oculaires, la conjonctivite avec tous ses retentissements sur la cornée est la plus fréquente.