Note 3:[ (retour) ] Les femmes qui sont atteintes de maladies nécessitant plus qu'un examen sommaire restent seules avec moi. Les deux cas de métrite et de stérilité sont examinés dans la maison qui me sert d'habitation.

Après midi, les hommes viennent à la consultation du R. P. Bouillon. C'est encore la syphilis qui domine et la malaria vient ensuite.

Dans ma journée, je vis 56 malades.

C'est à Arris que j'ai l'occasion d'interroger pour la première fois les femmes chaouïas sur les pratiques de l'accouchement, sur celles de l'avortement et sur la fréquence des maladies utérines,—toutes questions dont j'aurai occasion de parler plus tard.

Vers le soir, je visite les alentours de l'hôpital où coule un magnifique torrent aux eaux claires et limpides et dont la force est assez puissante pour actionner les roues des moulins chaouïas.

A la fin du jour j'assiste à l'un des plus beaux spectacles qui se puissent admirer: le soleil couchant sur la Marhadou (joue rose), et sur le Chêlia, ce dernier réputé comme le plus haut sommet de toute l'Algérie.

Quel décor!

Une montagne couleur de feu dans toute sa partie supérieure, tandis que sur les bas flancs les teintes d'un bleu sombre dominent, mettant en vigueur l'embrasement du sommet.

Je ne crois pas qu'il soit possible de rêver plus éclatant, plus aveuglant triomphe de la couleur; l'impression ressentie est inoubliable.

Le lendemain, 13 mai, à six heures et demie, du matin, on nous amène nos mulets; nous quittons Arris, gravissant péniblement les flancs du contrefort qui sépare la vallée de l'Oued-El-Abiod de celle de l'Oued-Abdi.