A neuf heures, nous franchissons le col où nous attend le cheick de Baali, et par une pente rapide nous atteignons, une demi-heure après, le village de ce nom.
Nous étions enfin dans cette pittoresque vallée de l'Oued-Abdi, que nous allions parcourir chaque jour plus émerveillés de ses sites et de la richesse que recèlent ses agréables jardins et sa Verdure sans cesse renaissante.
On accède au village composé de gourbis bâtis en terre par une petite montée assez raide. Nous sommes fort bien accueillis et nous trouvons le café maure transformé à notre intention en une salle tendue de melhafa [4].
Note 4:[ (retour) ] Pièce d'étoffe de six mètres de long, aux vives couleurs, et servant de vêtements aux femmes.
Sur le sol mal nivelé du gourbi, des tapis ont été étendus. C'est là que je me repose et que nous prenons notre repas, composé de mets arabes offerts par le cheick, et de mets français préparés par le deïra (cavalier de la commune), qui nous sert de cuisinier.
Les femmes de Baali et celles des villages environnants sont accourues.
Je les visite sous la tente, dans le village.
Il est tout à fait impossible de maintenir leur impatience. Elles se pressent autour de moi, et malgré ma défense réitérée de ne pas pénétrer toutes ensemble sous la tente, elles l'envahissent, y répandant une odeur parfois insupportable.
Quarante femmes et enfants défilèrent devant mois; vingt-et-une seulement furent reconnues véritablement malades.
Là, comme partout au cours de cette mission, je constate que c'est la syphilis qui m'apporte, le plus nombreux contingent de malades. Acquise ou héréditaire, elle s'affirme par ses manifestations chez la femme adulte et chez l'enfant à la mamelle; puis la malaria et les conjonctivites granuleuses.