A midi, nous entrons (sans frapper) dans un bouquet d’arbres et nous débouchons sur la grande mare entourée de cabanes de pêcheurs.
Le site est ravissant et, selon la formule des écrivains du dix-septième siècle, « fait à souhait pour le plaisir des yeux ». Ce frais paysage nous repose, après la monotonie de l’interminable plaine. Nous descendons une légère pente, puis nous contournons la mare pour aller la traverser à l’endroit le moins large, sur un pont formé de planches posées sur les pirogues.
Nous commençons d’abord par nous arrêter pour remercier le chef du village qui nous a préparé la route et pour le prier de ne pas faire démolir cette confortable et solide passerelle que nous comptons bien retrouver en revenant d’Ang-Kor.
… Je ne sais pourquoi, cette prévision du retour me fait espérer que nous arriverons !
La passerelle se comporte très vaillamment.
De l’autre côté de l’eau, nous remontons une berge assez escarpée et nous retrouvons la plaine qui s’étend à perte de vue devant nous.
Le chemin tracé par les soins des gouverneurs nous permet de goûter cette joie ineffable : « la quatrième vitesse ! »
Nous nous enivrons d’espace, et cette boisson symbolique nous rafraîchit un peu, malgré la chaleur qui continue de se surpasser.
A une heure après-midi, nous nous arrêtons devant une pittoresque canha que sa position nous autorise à qualifier de lacustre, car elle s’élève sur pilotis à 3 mètres au-dessus du sol. Nous garons l’auto dessous, puis nous déjeunons et prenons un peu de repos jusqu’à trois heures.