11 avril 1908.

… Notre première démarche matinale est de rendre visite en auto à notre excellent gouverneur : il nous reçoit, entouré de toute sa famille, avec une parfaite bonne grâce et nous invite à boire : on se croirait vraiment chez un hobereau des bords de la Loire ; c’est le même accueil simple, cordial et franc, la même politesse attentive et gentiment familière.

Puis nous repartons pour la sala où nous prenons Tiam et le guide qui doit nous conduire jusqu’à Siem-Reap.

Les charrettes sont déjà en route.

Après avoir passé le pont de Kompong-Chen, nous nous engageons dans la prairie…

DANS LA PLAINE

Ici, au lieu de boucher et de combler les ornières, les coolies ont fait mieux : ils ont simplement fauché les herbes sur une largeur de trois mètres et presque en ligne droite. Le résultat nous apparaît tout à fait louable… car nous roulons sur un terrain un peu cahoteux sans doute, mais d’une dureté propice à la vitesse et nous avançons rapidement.

Ce n’est pas pour nous vanter, comme dit à peu près le vaudevilliste, mais il fait terriblement chaud ! Le moteur lui-même en souffre quoiqu’il ne manque pas une goutte d’eau au radiateur. Mais il en a vu de plus dures, et son malaise ne se traduit heureusement par aucune panne.