On ne saurait souhaiter un cadre plus prestigieux et les plus beaux décors que le théâtre ait réalisés n’en sauraient évoquer la splendeur.
Mais je craindrais d’attenter à la beauté de ces ruines sacrées en essayant de les décrire et je me contenterai donc d’en donner un court historique que je dois à la science et à l’amabilité de M. Comaille, le bon génie de ces lieux enchantés.
COUR INTÉRIEURE. ANG-KOR-VAT
Les monuments d’Ang-Kor-Thom ont été terminés au huitième et ceux d’Ang-Kor-Vat au neuvième siècle de l’ère Çakya. L’ère de Çakya-Mouni est de mille vingt-sept ans plus récente que l’ère chrétienne.
VUE D’ENSEMBLE, COTÉ OUEST. ANG-KOR-VAT
Comme tous les anciens Temples cambodgiens, ceux du groupe d’Ang-Kor furent construits par des brahmanes venus de l’Inde ; les rois du Cambodge étaient également brahmanes, c’est-à-dire qu’ils appartenaient à cette caste brahmanique qui représente encore de nos jours l’aristocratie de l’Inde. Quand ils envahirent le territoire cambodgien, les brahmanes guerriers amenèrent avec eux leurs prêtres et les artistes qui ont construit ces Temples. Mais pour exécuter cet immense travail, ils employèrent toute la population autochtone à l’exploitation des carrières de pierres, au transport des matériaux et probablement même à leur mise en place.
Dès que les Temples furent construits, les rois les érigèrent en Abbayes au bénéfice des prêtres brahmanes et les indigènes qui peuplaient les alentours devinrent d’office les esclaves des abbés ; les inscriptions sanscrites trouvées dans les Ruines nous apprennent par exemple que tel abbé avait droit à dix mille esclaves, à quatre cents livres de beurre par jour, à cinq mille bœufs par an, à deux mille buffles, etc., etc…