BOUDDHA DANS L’INTÉRIEUR D’ANG-KOR-VAT

LE RÊVE

CHAPITRE III
LE CHANT DU DÉPART — UNE ROUTE PAVÉE DES MEILLEURES INTENTIONS

8 mars 1908.

Le départ est fixé au dimanche 15 mars dans l’après-midi. Nous irons coucher à Tay-Ninh où M. Prère est assez aimable pour nous offrir l’hospitalité. Déjà, il nous a donné une preuve, et bien précieuse, de l’intérêt qu’il porte à notre tentative, car il a tenu sa promesse et le fameux topo est arrivé. Je le dévore des yeux, j’y voudrais lire d’avance toutes les péripéties de ce voyage, mais peut-être vaut-il mieux ignorer l’avenir et garder « les longs espoirs et les vastes pensées ».

Les premiers renseignements du topo m’enchantent !

J’y vois que d’ici à Kreck nous n’aurons à traverser qu’un seul torrent où l’eau n’atteint que 40 centimètres… quelque chose comme une rue de Paris pendant la fonte des neiges : il nous suffira, comme disent les Angevins, de « guécher. »