J’ai la joie de trouver à la Résidence une dépêche rassurante de Bernis qui me donne de bonnes nouvelles du blessé et m’annonce leur arrivée.
6 avril 1908.
Encore une journée de repos forcé.
Dans l’après-midi je reçois de Kompong-Chnang un second télégramme. Il m’annonce l’arrivée de Bernis qui rentre à cheval ; quant à Guérin, heureusement opéré du phlegmon qui l’a tant fait souffrir, il revient en jonque accompagné par le docteur Dupont.
Ces bonnes nouvelles me consolent de notre inaction et me rendent enfin l’espérance. Nous allons donc pouvoir reprendre notre voyage et partir pour Siem-Reap.
7 avril 1908.
A trois heures, Bernis arrive. Il est très fatigué de sa longue et dure chevauchée, mais il reprend courage en nous la racontant !
Il nous dit aussi toutes les péripéties du triste voyage qu’il a fait en jonque avec le blessé ; ils s’échouaient à chaque instant et n’avaient, pour toute nourriture et pour toute boisson, que ces sempiternelles noix de cocos… qui semblent remplir ici le rôle bien connu des briques dans l’alimentation européenne.