«Il a eu au moins mille hommes tués au centre et à la gauche; ainsi il a éprouvé une perte de trois mille hommes.
«Le lendemain il resta en présence. Un corps de trois mille cinq cents hommes était cerné: il fut forcé de mettre bas les armes.
«L'ennemi, battu, a voulu payer d'audace et chercher à approvisionner Mantoue, mais inutilement. Nous l'avons attaqué à la droite, et il a été non-seulement battu, mais mis encore dans la déroute la plus complète. J'étais à la droite, où je commandais un corps de troupes et quinze pièces d'artillerie légère, et nous avons, les premiers, entamé l'ennemi. J'ignore combien nous avons fait de prisonniers, vous voyez que l'ennemi a eu au moins dix-huit mille hommes hors de combat depuis cinq jours.
«J'ai couru quelques dangers: un boulet m'a touché légèrement le côté gauche, sans me faire le moindre mal. Nous avons perdu de bons officiers.
«J'ai eu du plaisir à me trouver à la bataille de Lonato; c'est, sans contredit, la plus belle bataille rangée que j'aie encore vue.
«Le combat d'aujourd'hui a été extrêmement intéressant et instructif.
«Adieu, mon cher père. Depuis huit jours je n'ai pas dormi quatre heures; je tombe de fatigue, mais je me porte bien. Nous n'avons plus d'ennemis à combattre, et nous allons bien, je l'espère, profiter de nos triomphes.»
MARMONT À SON PÈRE.
«Brescia, 18 août 1796.
«Nous avons encore battu l'ennemi dans les montagnes; nous lui avons pris douze cents hommes. Il a évacué les bords du lac de Garda et se retire au delà de Trente. Nous allons le suivre; nous sommes secondés par l'armée du Rhin; elle arrive près de nous et nous allons à sa rencontre. Dans moins d'un mois, si la fortune nous seconde, nous aurons opéré notre jonction avec elle.