«Après que le conseil aura répondu à ces trois questions et que le procès-verbal sera clos, vous poserez cette question:

«Si l'escadre du contre-amiral Villeneuve partait le 15 frimaire de Malte, de quelle manière s'apercevrait-on de son arrivée à la hauteur de la croisière; quel secours les forces navales actuelles du port pourraient-elles lui procurer, et de quel ordre aurait besoin le contre-amiral Perrée pour se croire suffisamment autorisé à sortir?

«Combien de temps faudrait-il pour jeter les bouées, pour désigner la passe?

«Les frégates la Muiron et la Carrère, le vaisseau le Causse seraient-ils dans le cas de sortir?

«Après quoi, vous poserez cette autre question:

«Les frégates la Junon, l'Alceste, la Courageuse, la Muiron, la Carrère; les vaisseaux le Causse, le Dubois, renforcés chacun par une bonne garnison de l'armée de terre et de tous les matelots européens qui existent à Alexandrie, seraient-ils dans le cas d'attaquer la croisière anglaise si elle était composée de deux vaisseaux et d'une frégate?

«Vous me ferez passer le procès-verbal de cette séance dans le plus court délai.»

MARMONT À BONAPARTE.

«Alexandrie, 4 décembre 1798.

«J'ai reçu hier, mon cher général, votre lettre du 9, par laquelle vous me donnez le commandement d'Alexandrie. Je vous remercie de ce nouveau témoignage de confiance. Je ferai tout pour justifier votre choix, et, si le zèle le plus constant et l'activité la plus soutenue suffisent, j'espère m'acquitter d'une manière satisfaisante de la tâche que vous m'avez imposée: elle ne me paraît pénible que parce qu'elle m'éloigne de vous.