«L'Empereur ordonne, monsieur le général Marmont, que vous preniez le commandement de la Styrie, et que vous y cantonniez votre corps d'armée de la manière la plus avantageuse pendant le cours de l'armistice. Vous ferez fournir les subsistances, les fourrages et tout ce qui sera nécessaire à votre troupe par la province que vous occuperez. Vous ferez les dispositions nécessaires pour refaire vos troupes et les mettre le plus promptement possible en état de faire la guerre. Envoyez-moi le plus tôt que vous pourrez l'état des cantonnements que vous aurez choisis.»
BERTHIER À MARMONT.
«Schoenbrunn, le 14 décembre 1805.
«L'Empereur désire, monsieur le général Marmont, que votre correspondance avec moi soit plus détaillée; que vous me fassiez connaître le rapport de tous vos espions; car il est de la dernière importance que je sache tout ce qui se passe dans le pays que vous occupez, ainsi que tout ce qu'on peut connaître de la position et des mouvements de l'ennemi.
«Correspondez avec le maréchal Ney et avec le maréchal Masséna.
«Tout en laissant reposer vos troupes, occupez-vous de les mettre promptement en état de rentrer en campagne; car, de vous à moi, il est probable que nous reprendrons incessamment les hostilités.»
BERTHIER À MARMONT.
«Schoenbrunn, le 16 décembre 1805.
«L'Empereur, général, me charge de vous demander où est le dépôt des deux cents caissons que vous lui avez écrit avoir dans votre commandement.
«Sa Majesté désire que vous rédigiez un mémoire sur la citadelle de Grätz. Combien de canons faudrait-il pour l'armer? Y a-t-il de l'eau, des bâtiments? Combien d'hommes peut-elle contenir? Pourrait-on y loger les dépôts, y établir des fours, des magasins de vivres, un arsenal pour les munitions, enfin des emplacements pour y déposer les bagages d'un corps d'armée de trente à quarante mille hommes? Combien il faudrait d'hommes pour la défendre?