«Si la citadelle de Grätz peut remplir l'objet dont je viens de vous parler, vous devez la faire armer et approvisionner de suite, et même y mettre un hôpital. L'opinion de l'Empereur est que, dans le genre de guerre que nous faisons, les hôpitaux de maladies graves ne peuvent sans inconvénient être placés de manière à les laisser prendre à l'ennemi.

«Vous vous êtes déjà trouvé dans le cas, général, où cette citadelle pouvait être utile, comme sagement vous l'avez fait en vous portant sur Vienne en manoeuvrant de manière à ce que le prince Charles ne pût s'y porter avant vous.

«Faites connaître si la citadelle de Grätz, sous les rapports dont il est question ci-dessus, peut, dans douze ou quinze jours de travail, servir à garder les magasins et les bagages d'un corps d'armée de trente à quarante mille hommes pendant huit à dix jours, étant défendue par trois ou quatre cents hommes, temps nécessaire pour que l'armée qui agirait pût venir prendre sa position.

«L'Empereur désire encore que vous fassiez reconnaître et prendre tous les renseignements pour avoir l'itinéraire bien exact de la route que devrait suivre une armée de trente à quarante mille hommes pour se rendre de Grätz à Pesth. Vous devez faire connaître l'étendue, la nature de la route, les défilés, les ravins, enfin la position que pourrait prendre l'armée. Vous m'enverrez le plus promptement possible ce travail, afin que je le mette sous les yeux de l'Empereur.»

BERTHIER À MARMONT.

«Schoenbrunn, le 18 décembre 1805.

«Je vous préviens, général, que je viens de donner l'ordre au général Dumonceau de partir demain de Vienne avec sa division pour se rendre à Neustadt et rentrer dans le corps d'armée que vous commandez.

«L'intention de l'Empereur, général, est que vous teniez une division à Bruck, de manière à vous porter le plus rapidement possible à Neustadt au secours du général Dumonceau, qui s'y trouvera, et dans le cas où il y aurait lieu.

«Je donne l'ordre à M. le maréchal Masséna d'envoyer une division de dragons à Marbourg et une division de cuirassiers à Cilli. L'intention de l'Empereur est que vous preniez les mesures nécessaires pour leur nourriture. Vous en préviendrez M. le maréchal Masséna.»

«P. S. Vous devez garder la frontière d'armistice depuis Neustadt jusqu'à Neubourg.»