«Je vous recommande, général, de correspondre journellement avec moi par la poste, et, quand vous le jugerez nécessaire, par des officiers. Mon quartier général sera à Munich le 1er février.»

BERTHIER À MARMONT.

«Lintz, le 28 janvier 1806.

«Général, je vous autorise, dans le cas où les Autrichiens auraient remis à l'armée française, le 10 février, l'Istrie, la Dalmatie, les bouches de Cattaro, les îles vénitiennes et toutes les villes et forts qu'elles renferment, à évacuer Trieste, Goritz et tout ce que vous occupez des États de l'empereur d'Allemagne, c'est-à-dire à commencer votre mouvement le jour où vous apprendrez officiellement, par les commissaires Bellegarde et Lauriston, que nos troupes occupent l'Istrie, la Dalmatie, les îles vénitiennes, les places et forts qu'elles renferment, et les bouches de Cattaro. Alors vous vous rendrez en Italie avec vos deux divisions françaises, et vous prendrez possession du Frioul et de la ligne de l'Isonzo. Vous aurez soin de m'instruire de votre marche et des positions que vous occuperez.

«Si cela a lieu, je présume que vous pourriez partir vers le 10 février.»

LE PRINCE EUGÈNE À MARMONT.

«Vérone, le 30 janvier 1806.

«J'ai reçu, monsieur le général, votre lettre du 26 janvier. Le général Molitor est parti pour prendre possession de la Dalmatie: le général Seras partira sous peu de jours pour occuper l'Istrie. Il est probable que vous ne tarderez pas à faire votre mouvement sur l'Italie; cependant je présume que vous attendrez peut-être l'avis du général Lauriston à cet effet. Quant à l'officier que vous me recommandez, je lui porte depuis longtemps des sentiments d'amitié; ainsi je compte l'employer au service du royaume d'Italie: j'attendrai pour cela votre arrivée, ne pouvant dans le moment même lui donner une place.

«Je vous renouvelle, monsieur le général, l'assurance de mes sentiments distingués.»

BERTHIER À MARMONT.