«Vous ne devez renvoyer de chevaux bataves que ce qui sera strictement nécessaire pour mener l'artillerie: s'il y a des chevaux haut-le-pied, gardez-les, et nous en compterons ensuite avec la République batave.

«Employez sur-le-champ tous les chevaux de votre artillerie, tous ceux que vous pourrez avoir par réquisition pour faire sortir le plus tôt possible de la Styrie l'artillerie et les fusils envoyés par le général Songis (quand je dis les fusils, il n'y aura aucun embarras à leur égard, puisqu'ils vont par la voie du commerce). Pour vous donner plus de temps, je n'ai point encore fait l'échange des ratifications: il n'aura lieu que demain. Ainsi calculez que vous aurez encore dix jours pour évacuer la Styrie; mais vous ne devez commencer aucun mouvement sans un ordre de moi.

«C'est dans la Carinthie et à Trieste que je vous laisserai, jusqu'au moment où les Autrichiens nous auront cédé la Dalmatie et l'Istrie: vous recevrez une instruction à cet égard demain ou après.

«Il résulte du traité que les troupes françaises doivent évacuer la Styrie dix jours après l'échange des ratifications, et que nous devons évacuer, dans deux mois, la Carinthie et la Carniole pour la partie occupée par vos troupes ou par celles du maréchal Masséna; et le maréchal Masséna n'aura sûrement pas fait évacuer Trieste que ses troupes n'aient été relevées par les vôtres. Écrivez-lui à cet égard.

«Ma précédente lettre n'était pas claire, n'ayant pas encore vu le traité; mais celle-ci vous met au fait.

«En résumé, quand vous aurez reçu l'ordre d'évacuer toute la Styrie, vous mettrez vos troupes dans la partie de la Carniole et de Carinthie que nous occupons, et surtout à Trieste, afin de gêner tellement les Autrichiens, qu'ils nous proposent de nous mettre en possession de l'Istrie et de la Dalmatie avant les deux mois de rigueur, et alors je consentirai à évacuer la Carniole et la Carinthie du même jour où ils céderont l'Istrie et la Dalmatie; mais, dans ce moment, il est question de faire promptement traverser la Styrie à l'artillerie que vous envoie le général Songis.»

BERTHIER À MARMONT.

«Lintz, le 26 janvier 1806.

«Je reçois, général, par M. le colonel Axamitouski, votre lettre du 18 janvier seulement aujourd'hui 25. Le retard que les plénipotentiaires ont mis à me faire connaître que l'intention de l'empereur d'Allemagne serait de rendre la Dalmatie plus tôt si nous évacuons la Haute-Autriche rend cette mesure sans effet, puisque M. de Lichtenstein me propose de nous remettre la Dalmatie et l'Istrie le 10 février, si nous évacuons à cette époque la Haute-Autriche, Trieste, etc. Vous verrez, par la copie de la note ci-jointe, ma réponse; si les plénipotentiaires approuvent quelque chose, vous en serez prévenu par le général Andréossi.

«Le général Lauriston et les troupes d'Italie devant prendre possession de la Dalmatie, vous n'aurez rien à faire à cet égard.