«Veuillez bien agréer l'assurance de la très-haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être,» etc.
EXTRAIT DUNE LETTRE DE S. M. L'EMPEREUR
À S. A. I. LE VICE-ROI.
«13 mars 1806.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
«Écrivez à Marmont qu'il fasse des reconnaissances depuis Palmanova jusqu'à Cividale et Caporetto. J'ai perdu de vue les localités que j'ai cependant bien connues; mais, autant que je puis m'en souvenir, du moment qu'on sort de Goritz et qu'on a monté la vallée de l'isonzo, il devient impossible de se porter sur Udine. Il n'y a aueun chemin de voitures. Ainsi, dans toute la vallée de l'Isonzo, on ne peut arriver à Udine que par Caporetto, par le grand chemin de Cividale, qui part d'Isonzo, c'est-à-dire par Osopo, et enfin par Gradisca, c'est-à-dire par Palmanova. S'il en était ainsi, mon intention serait d'avoir, sur le chemin d'Udine à Caporetto, une place forte. Il faut donc que Marmont fasse la reconnaissance du pays et qu'il choisisse le lieu. Ce n'est point une place de dépôt. Ce serait une place qui renfermerait tout le système défensif à établir dans la vallée; mais, pour cela, il faut des localités faites exprès. S'il était impossible de trouver un site qui fermât la vallée qui conduit de Caporetto à Cividale, alors un simple fort dans une belle position, le plus près possible de la frontière ennemie, pourrait suffire. Ce fort, maîtrisant la grande route, gênerait toujours d'autant les opérations de l'ennemi, les surveillerait et servirait de magasin naturel aux corps qui seraient placés pour défendre le débouché de Caporetto. Il serait nécessaire de reconnaître la Chiusa vénitienne, qui se trouve située entre la Ponteba et Osopo. Existe-t-elle? est-elle en bon état? Que faut-il faire pour la mettre dans le cas de fermer tout à fait la vallée et de servir d'avant-poste à Osopo? . . . . . . . . . . . . . . . . . .»
LE PRINCE EUGÈNE À MARMONT.
«Milan, le 18 mars 1806.
«Je vous envoie, monsieur le colonel général, l'extrait d'une lettre de Sa Majesté l'Empereur et roi, en date du 13 de ce mois. Elle désire que ses ordres soient remplis le plus tôt possible. Il sera nécessaire que vous fassiez un mémoire bien détaillé sur l'objet des demandes de Sa Majesté, et vous me l'adresserez pour que je le lui transmette, conformément à ses ordres.
«Je serais bien aise, monsieur le colonel général, que vous profitiez de votre séjour à Udine pour surveiller les travaux qui ont été ordonnés à Palmanova et Osopo. Vous m'enverriez, chaque semaine, un petit rapport sur ces travaux, auxquels Sa Majesté met beaucoup de prix, et je trouverais ainsi l'occasion de multiplier mes rapports avec vous. Sur ce, monsieur le colonel général, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.»
BERTHIER À MARMONT.