«Un commerçant qui arrive de l'Estramadure rapporte les nouvelles suivantes:

«Le 22 du mois dernier, il se trouvait en El Castain, où il a ouï dire que les troupes impériales de Badajoz empêchaient les Anglais de placer leurs batteries.

«Le 22, ce commerçant se mit en route pour retourner à Talavera; il passa par Médina de las Torrès, où auparavant étaient les Anglais, et, lors de son passage, il n'y en avait aucun.

«A Guareña, il y avait des Anglais qui se retiraient vers Abajo. A Medellin, il n'y avait ni Anglais ni Français. A Santo-Benito, les Français y étaient, et à Miajadas, il y avait un petit parti de Portugais.

«Il entendit le feu de la place jusqu'au 2 avril, époque où il se trouvait à Miajadas. Par conséquent, la nouvelle de la reddition de Badajoz, répandue avant, est fausse.»

LE GÉNÉRAL DORSENNE AU MARÉCHAL MARMONT.

«Pampelune, le 11 avril 1812.

«Monsieur le maréchal, je ne reçois qu'à l'instant la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 23 mars dernier pour me prévenir que les ennemis paraissent décidément faire une entreprise sur Badajoz; qu'elle se met en mouvement; qu'elle va, en conséquence, avoir besoin d'augmenter ses forces, et que, pour les réunir, elle m'engage à relever la grande communication, les garnisons de la province de Palencia et celles de Valladolid.

«Il m'est extrêmement pénible d'être obligé de déclarer à Votre Excellence que je ne puis faire dans cette occasion ce qu'elle désire. Les troupes qui me sont annoncées depuis deux mois ne sont pas arrivées. Partout mes garnisons sont insultées, et je n'ai pas un régiment disponible pour agir. Si je ne reçois pas de renforts, j'ai lieu de craindre de voir mes communications interceptées avant peu.

«Une preuve bien convaincante de ce que j'annonce à Votre Excellence, c'est que les régiments de marche de son armée, que j'aurais dû lui renvoyer depuis longtemps, n'ont pu encore être remplacés, ce qui m'a obligé à les garder jusqu'à ce jour.