«Monsieur le maréchal, par ma lettre du 19, j'ai eu l'honneur de rendre compte à Votre Excellence des motifs qui m'ont obligé d'évacuer Oviedo. Je me suis rendu sur la Pisnarga, où j'attends vos ordres. Le général Rey, gouverneur à Burgos, a répondu à l'avis que je lui avais donné de ma position. Les bandes, dans ce pays, sont nombreuses et actives. Si je n'avais craint de contrarier vos intentions, j'aurais dirigé ma division sur Rioseco, quoique, dans la position qu'elle occupe, elle est sur Burgos et peut se porter au secours de Santander.
«Un accident assez désagréable vient de m'arriver, et me mettra peut-être dans le cas de me rendre à Burgos de ma personne. Je me suis fendu la tête trop fortement pour croire qu'il me soit possible de suivre les mouvements que ferait ma division. Il sera donc urgent de me donner un successeur si elle devait agir de suite.»
LE GÉNÉRAL CAFFARELLI AU MARÉCHAL MARMONT.
«20 juin 1812.
«Hier les premières troupes dont je puis disposer sont arrivées ici; elles sont parties aujourd'hui, ce matin; les autres arrivent de tous les côtés à la fois; elles doivent se mettre en mouvement de suite; j'apprends que les Anglais ont fait une expédition composée de onze bâtiments, dont deux vaisseaux et six frégates, et avant-hier au soir elle était devant le port de Motrico.
«D'un autre côté, Renovalès s'est porté à sept lieues de Bilbao; Pinto en est à six, et Longa pas bien loin de là. Tous ces mouvements me forcent à retarder celui de la majeure partie de l'infanterie; mais la cavalerie et l'artillerie vont partir. J'attends des nouvelles à chaque instant, et, dès que j'en aurai, je prendrai la détermination la plus prompte et la plus sûre, celle de faire marcher contre cette expédition et de la culbuter; cela portera un délai forcé de plusieurs jours à mon arrivée, ce qui me contrarie bien; mais je ne prévoyais pas cette circonstance, et, lorsque j'en ai parlé, j'étais loin de penser qu'elle se présentât promptement.»
LE GÉNÉRAL CAFFARELLI AU MARÉCHAL MARMONT.
«26 juin 1812.
«Monsieur le maréchal, j'ai eu l'honneur d'informer Votre Excellence que les ennemis avaient fait à la côte une forte expédition; que j'ai été obligé de disposer des troupes qui étaient arrivées ici la veille; que Bilbao était attaqué, tandis que Lequeitio l'était par mer et par terre, et avait été emporté; que le général Bonnet, évacuant les Asturies, est entré le 18 dans la province de Santander.
«J'ai appris, hier au soir, qu'il avait pris la route de Reynosa, que l'expédition était composée de six vaisseaux de ligne, neuf frégates et six bricks, qui se tiennent partie sur Santoña, partie sur la côte de Biscaye. Les troupes débarquées à Lequeitio sont des troupes de terre anglaises.