«J'ai donné mes instructions au marquis d'Almenara; j'aurai pour agréable tout ce que vous arrêterez: je compte sur votre ancien attachement autant que sur votre sagesse et votre prévoyance.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Amsterdam, le 18 octobre 1811.
«Votre aide de camp, le chef de bataillon Jardet, est arrivé hier au soir, monsieur le duc; j'ai mis sous les yeux de l'Empereur vos dépêches. Sa Majesté est satisfaite du mouvement combiné de ses armées du Nord et de Portugal, qui a eu pour but et pour résultat de ravitailler complétement Ciudad-Rodrigo.
«Sa Majesté a vu également avec plaisir l'avantage qu'ont eu ses troupes, en forçant la position retranchée de l'avant-garde de l'armée anglaise rejetée sur Alfaiatès et Sabugal.
«L'Empereur, monsieur le maréchal, m'ordonne de vous faire connaître que nous recevons aujourd'hui des nouvelles du général Suchet, qui rend compte qu'il est devant Murviedro, qu'il fait ses dispositions pour le siége de Valence. L'armée d'Aragon fait une opération de la plus grande importance, et le principal objet aujourd'hui est Valence. L'intention de l'Empereur est donc, monsieur le maréchal, que vous facilitiez au roi d'Espagne les moyens de porter le plus de troupes possible de l'armée du Centre sur Cuença, afin de soutenir le général Suchet s'il y avait lieu. Écrivez au roi à cet égard, et faites ce que Sa Majesté désirera. Dans huit jours je vous expédierai votre aide de camp.»
LE MARÉCHAL SOULT AU MARÉCHAL MARMONT.
Séville, le 2 novembre 1811.
«Vous serez sûrement instruit, lorsque ma lettre vous parviendra, de l'échec que le général de division Girard a éprouvé à Arroyo-Molinos, en revenant de Cacerès, où il avait été envoyé pour seconder les opérations que vous dirigiez sur la rive droite du Tage, d'après l'invitation que vous m'aviez faite à ce sujet, et aussi pour favoriser la marche de la colonne destinée pour l'armée du Midi et pour Badajoz, qui doit déboucher par Almaraz, et m'a été annoncée, depuis trois mois, par Son Altesse Sérénissime le prince de Neufchâtel.
«Le 28 octobre au matin, le général Girard s'est honteusement laissé surprendre à Arroyo-Molinos, au moment où il allait se mettre en marche pour rentrer à Merida, par un corps de dix mille Anglais, commandé par le lieutenant général Hill; deux régiments, le 34e et le 40e, ont été défaits, et nous avons éprouvé des pertes; nous n'avons pas même de nouvelles des généraux Girard, Dembouski et Brun, non plus que du duc d'Aremberg: le 30, le lieutenant général Hill avait son quartier à Merida.