«Castaños, auquel il a parlé, est à Fuentes-de-Oñore; ce qui prouve qu'il ne s'est pas rapproché pour une simple visite de cantonnements.
«Toutes les voitures qu'on peut rassembler y sont conduites. Le 30, il y en avait deux cent soixante-dix, il doit y en avoir mille en ce moment.
«Chaque conducteur de voitures portait des vivres et des fourrages pour dix et douze jours, pour eux et leurs bestiaux; d'où il résulte que le mouvement de l'ennemi doit commencer maintenant.
«Le pont de Yecla est coupé; celui de Cerralbo est miné, couvert d'abatis et de retranchements, auxquels quinze cents hommes travaillent encore; il paraît qu'ils doivent servir à couvrir le flanc gauche de l'ennemi et à menacer le flanc droit des troupes qui marcheraient sur Rodrigo.
«On parle également d'ouvrages faits à Tamamès, mais je n'y crois pas; si cependant cela était, Rodrigo se trouverait au fond d'un cul-de-sac de six lieues, d'un front peu étendu, et qui même offrirait à l'ennemi trois belles positions de combat, surtout relativement à une opération que l'on sera hors de mesure de prolonger.
«Je reprends le rapport de l'espion.
«On fait sur la gauche de Jeltès et de l'Aguada un nombre énorme de fascines.
«Deux ponts existent sur l'Aguada: tous les villages de la gauche sont remplis de troupes; la cavalerie anglaise est à Fuenteguinaldo; la force de l'ennemi paraît être de vingt-quatre mille hommes.
«Une grande artillerie de siége est à Almeida, dont les travaux continuent avec la plus grande activité.
«L'opinion générale est que le siége de Rodrigo va commencer, et tout l'annonce; presque tout ce qui restait d'habitante en est parti; le corrégidor est de ce nombre, et l'espion lui a parlé; ce corrégidor est un des hommes les plus au courant de ce qui se passe.