«Monseigneur, il ne me reste plus qu'à exprimer à Votre Altesse la peine que j'éprouve de la manière dont l'Empereur apprécie les efforts que je fais ici constamment pour le bien de son service. Puisque Sa Majesté m'attribue la prise d'Almeida, qui était rendue avant que je prisse le commandement de l'armée, j'ignore ce que je pourrai faire pour me mettre à l'abri de toute espèce d'inculpation.»
LE GÉNÉRAL DORSENNE AU MARÉCHAL MARMONT.
«Burgos, le 6 mars 1812.
«Monsieur le maréchal, j'ai eu l'honneur de vous mander, le 24 février, que le départ prochain de la garde et le peu de troupes qui me restaient m'obligeaient à prier Votre Excellence d'ordonner l'occupation des postes de Villa-Rodrigo et Quintana del Puente.
«Aujourd'hui que la plus grande partie est déjà rentrée en France et l'autre prête à partir, que la division Bonnet m'est retirée sans que je sache encore quand arrivera la division Palombini, et que je suis au moment de marcher en Navarre pour une expédition contre les bandes, Votre Excellence sentira qu'il m'est impossible de conserver ces postes. Je la prie donc de nouveau de faire relever, sans délai, les troupes qui s'y trouvent; il existe dans le premier deux cent cinquante hommes et dans le second soixante-dix hommes.
«P. S. Si je n'ai pas de réponse à cet égard de Votre Excellence, je donnerai l'ordre au premier régiment de marche de l'armée de Portugal de laisser à son passage de quoi occuper ces postes.
LE MARÉCHAL SOULT AU MARÉCHAL MARMONT.
«Sainte-Marie, le 11 mars 1812.
«Monsieur le maréchal, M. le général Foy m'a fait parvenir la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 22 février, et j'ai été en même temps prévenu de la position de trois divisions qui sont sous ses ordres.
«Les Anglais ont décidé leur mouvement sur Badajoz, et, d'après ce que M. le général comte d'Erlon m'a écrit le 8, il est à présumer, qu'en ce moment la place est investie; j'attends d'en être positivement instruit pour prendre mes dernières dispositions et marcher à leur rencontre.