«Alexandre.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Dresde, le 15 septembre 1813,
deux heures du matin.
«Mon cousin, quinze à vingt mille hommes ont débouché hier par Peterswald, ce qui a obligé le comte de Lobau à prendre la position de Gieshübel; mais, comme l'ennemi n'a point attaqué en même temps Borna, cela ne s'annonce point comme un mouvement d'armée. Il me tarde d'apprendre que le convoi de vivres est passé. Vous devez faire, ainsi que le roi de Naples, tout pour faire arriver ce convoi. Cela fait, il faudra vous tenir prêt à agir d'après les circonstances, et à revenir à Dresde si cela est nécessaire. Vous aurez, dans la journée, des nouvelles positives de ce qui se sera passé. Je compte me rendre près de Pirna, pour être plus rapproché de ce qui aura lieu de ce côté. J'espère que, si hier 14 vous n'avez pas eu de nouvelles du convoi, vous en aurez aujourd'hui 15. Si vous avez la nouvelle qu'il a passé, préparez-vous à faire un mouvement; mais ne vous pressez pas de le faire jusqu'à ce que vous ayez les nouvelles de la journée.
«Napoléon.»
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL MARMONT.
«Pirna, le 16 septembre 1813,
neuf heures du matin.
«L'Empereur a chassé hier l'ennemi au delà de Peterswald, mais il occupe encore le col des hautes montagnes, entre Peterswald et Nollendorf. Sa Majesté le fera attaquer aujourd'hui à midi pour le chasser et le rejeter entièrement au delà des montagnes.
«Sa Majesté a appris avec plaisir la nouvelle du convoi; votre présence, monsieur le maréchal, ainsi que celle du roi, dans toutes ces directions, est utile, parce qu'elle menace Berlin; Sa Majesté suppose d'ailleurs que cela fait un moment de repos pour votre corps, comme pour la grosse cavalerie.
«Sa Majesté a déjà fait connaître qu'il fallait occuper Radebourg et Königsbruck. Elle suppose que cela est fait; elle suppose aussi qu'on se sera mis en correspondance avec le prince de la Moskowa en établissant un bateau à la hauteur de l'endroit où se trouve le roi.