LE MARÉCHAL MARMONT À NAPOLÉON.

«Mayence, le 26 mars 1813.

«Sire, aussitôt après mon arrivée à Mayence, j'ai pris connaissance de la situation des troupes de mon corps d'armée qui venaient d'arriver. Je crois qu'il est de mon devoir d'adresser directement à Votre Majesté un tableau général de la situation de ces troupes, afin qu'elle puisse prendre à leur égard les dispositions qu'elle jugera convenables.

«Les troupes de marine sont arrivées ou arrivent aujourd'hui ou demain; mais ni leur nombre ni la formation des détachements ne cadrent nullement avec les états fournis par le ministre de la guerre: il y a eu nécessairement erreur ou omission d'ordres. Dans tous les cas, je dois le faire connaître à Votre Majesté afin qu'elle connaisse la véritable situation de ces troupes.

«L'état du ministre présente trois détachements composant le 1er régiment de marine, l'un de 1,400 hommes, l'autre de 1,360, et le dernier de 1,750, total, 4,510. Au lieu de cela, les colonnes ont été composées, savoir: 985 hommes de Brest, 480 de Lorient, 600 de Rochefort, 287 de Toulon, 1,215 d'Anvers, 68 de Boulogne, 45 de Cherbourg; total, 3,680; déficit 830 sur le nombre des hommes annoncés partis. Je ne parle pas de 219 hommes restés en arrière ou aux hôpitaux, mais qui rejoindront plus tard; le déficit est sur les partants.

«Le 2e régiment, d'après l'état du ministre, se compose de 20 hommes, 39, 14, 1,605, 1,410, 1,410. 1,400; total, 5,898. Au lieu de cela, il est parti: première colonne, de Toulon, 1,277 hommes; deuxième, 1,091; troisième, 1,563; de Brest, 78; de Cherbourg, 130; de Rochefort, 46; total, 4,185; déficit, 1,713 hommes au moment du départ, non compris 766 hommes restés en route, mais qui rejoindront plus tard.

«Il y a également des erreurs dans les 3e et 4e régiments. Votre Majesté connaîtra incessamment et dans le plus petit détail la situation de ces quatre corps, les mesures étant prises pour que, d'ici à cinq jours, les états de situation les plus circonstanciés soient dressés.

«En général, les troupes de la marine paraissent animées du meilleur esprit, mais elles manquent de différentes choses indispensables pour le service.

«1° Ces corps manquent de tambours et de caisses de tambour; il en manque à peu près deux cent cinquante dans les quatre régiments; il n'y en a point dans les magasins de Mayence et de Strasbourg, et les moyens de confection ici sont extrêmement bornés: un grand envoi de l'intérieur peut seul donner à ces corps ce qu'il leur faut.

«2° Ces corps, par leur organisation, n'avaient pas de chirurgiens, ceux des vaisseaux devant leur suffire; il paraît juste et nécessaire de les en fournir comme l'armée de terre.