«J'ai l'honneur de vous rendre compte aussi que le 23e régiment d'infanterie légère, n'ayant qu'un seul officier par compagnie et à peine un sous-officier et pas un caporal ayant plus de trois mois de service, il m'a paru de la plus urgente nécessité de donner quelques secours à ce corps, en lui accordant des sous-officiers tirés d'autres régiments. J'ai, en conséquence, ordonné provisoirement que le 14e de ligne, dont l'instruction est parfaite et le cadre excellent, lui fournirait six caporaux pour être faits sergents, et six soldats pour être faits caporaux; que le 37e léger, qui est extrêmement riche en vieux soldats, fournirait douze caporaux et soldats pour être faits sergents et caporaux, et le 16e régiment provisoire, six autres: ce qui donnera au 23e léger deux sergents et deux caporaux nouveaux par compagnie. Sans ce secours, il était impossible que ce régiment, dont l'espèce d'hommes est très-belle et de la meilleure volonté, rendît aucun service avant six mois. Je vous prie d'obtenir de Sa Majesté qu'elle approuve ces dispositions.

«J'ai adressé des mémoires de proposition au ministre de la guerre pour les 23e et 37e léger, 11e provisoire, 121e de ligne et 2e de marine. Comme ces corps manquent d'officiers, il serait de la plus grande urgence que les nominations parvinssent promptement.

«Le chef de bataillon Millaud, du 23e léger, ayant obtenu sa retraite, il manque à ce régiment deux chefs de bataillon. Je sollicite ces deux emplois, l'un pour M. Voisin, capitaine de grenadiers au 1er régiment, qui a vingt ans de grade et qui jouit de la meilleure réputation dans son corps, et l'autre pour M. Fonvielle, capitaine de grenadiers au 82e régiment, qui a quatre ans de grade, et que je connais pour un officier très-distingué.»

NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

«Paris, le 3 avril 1813.

«Mon cousin, il se réunit à Mayence deux divisions de marche de cavalerie, la première, composée de tous les détachements fournis de France par les régiments qui font partie du premier corps de cavalerie, formés en quatre régiments de marche; l'autre, composée de tous les détachements des régiments qui font partie du deuxième corps. Vous prendrez le commandement de ces deux divisions, et vous les placerez dans les environs de Hanau, dans des lieux où elles puissent se former et s'organiser. Les cinquante et un régiments de cavalerie de la grande armée entrent dans la formation de ces deux divisions, dont le ministre de la guerre vous enverra le tableau.--Chacun de ces cinquante et un régiments finira par fournir cinq cents hommes, ce qui portera ces divisions à vingt-cinq mille hommes. La tête de ces régiments étant à l'armée de l'Elbe, et formant à peu près quinze mille hommes, cela fera quarante mille hommes de cavalerie pour les cinquante et un régiments.--Mon intention est bien, aussitôt que cela sera possible, de réunir tous ces détachements à leurs régiments respectifs à l'armée de l'Elbe; mais, en attendant, ils doivent pouvoir servir et pouvoir se battre, si cela est nécessaire, avant leur réunion. Vous passerez en revue tous les détachements; vous leur ferez fournir ce qui leur manquerait. Vous me proposerez la nomination aux emplois vacants: enfin vous ferez tout ce qui est nécessaire pour que les divisions soient bien et promptement organisées.--Le ministre de la guerre envoie les généraux, colonels, majors et chefs d'escadron nécessaires à ces corps. Je donne ordre au duc de Plaisance de se rendre à Mayence pour y suivre, sous vos ordres, tous les détails de cette organisation.

«Napoléon.»

NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.

«Paris, le 7 avril 1813.

«Mon cousin, j'ai donné ordre que la division Bonnet se rendît à Fulde. J'ai donné ordre que deux bataillons de Wurtzbourg, faisant partie de la division Durutte, se rendissent de Wurtzbourg à Fulde, où ils seront sous les ordres du général Bonnet.--Les quatre bataillons de la division Durutte, qui sont à Mayence, se rendent également à la division Bonnet. Le général Bonnet aura ainsi six bataillons de la division Durutte, qu'il fera repasser à leur division aussitôt que cela pourra se faire avec sûreté.--J'ai ordonné que le général Durutte, s'il était obligé de quitter la Saale, se renfermât dans Erfurth, ce qui porterait la garnison de cette place à cinq mille hommes.--Le général Bonnet doit se mettre en communication avec le prince de la Moskowa à Wurtzbourg. Il y a une route directe; faites-la reconnaître.--Il y a à Gotha un millier d'hommes appartenant aux princes de Saxe, et neuf cent un hommes de ma garde à cheval, commandés par le colonel Lyon. Ces troupes ne se retireront que dans le cas où cela serait nécessaire, et où l'ennemi ferait un grand mouvement par Dresde, ce qui ne paraît pas probable.--Le général Bonnet tiendra une avant-garde à Vach-sur-la-Werra, et se mettra en correspondance avec le général Souham, qui est à Meiningen, également sur la Werra.--Faites reconnaître cette route; donnez ordre au général Pernetti de fournir sans délai son artillerie à la division Bonnet. Il est de la plus grande importance que cette division ait ses seize pièces de canon.--Aussitôt que la division Bonnet aura son artillerie et que la division Compans aura également ses seize pièces, vous pousserez la division Compans sur Fulde et Bonnet sur Eisenach.--Faites connaître à Gotha que les troupes de Saxe-Gotha et de Saxe-Weimar sont sous les ordres du général Bonnet.--Si les neuf cents hommes de ma garde étaient obligés d'évacuer Gotha, donnez ordre au général Bonnet de les retenir avec lui.--Aussitôt que votre troisième division aura également son artillerie, vous la dirigerez sur Fulde. Tous ces mouvements préparatoires ont pour but de faire sentir à l'ennemi la présence de nos forces et de l'empêcher de se porter sur le vice-roi, qui est, avec cent mille hommes, en avant de Magdebourg.--Il paraît que vous ne pouvez pas compter sur votre quatrième division, puisqu'elle ne sera formée qu'au mois de mai ou de juin.--Faites-moi connaître la situation de vos divisions, de votre artillerie et de votre génie, en matériel et personnel.--Je suppose que les régiments de marine ont leurs musiques. S'ils n'en avaient pas, faites-leur-en former. Je suppose aussi qu'ils ont des sapeurs avec de bonnes haches.--Les régiments provisoires doivent aussi avoir au moins quatre sapeurs par bataillon.--Vous devez connaître mon règlement pour les bagages et les ambulances, et ce que j'ai accordé aux officiers pour porter leurs bagages et aux corps pour porter leur comptabilité en chevaux de bât.--Donnez des ordres en conséquence. Faites-moi connaître si vos troupes sont au courant pour la solde.--Cela est important et soulagerait le pays.--Les bataillons de vos régiments de marine sont trop faibles; vous devez donc laisser à Mayence six cadres de bataillons, savoir: deux pour le régiment qui a huit bataillons, deux pour celui qui en a six, et un pour chacun des deux qui en ont trois.--De sorte que les bataillons qui vous resteront seront au moins de six cents hommes chacun.--J'ai pris des mesures pour compléter les six cadres de bataillons laissés à Mayence; il ne faut donc les affaiblir en aucune manière.