«Hanau, le 16 avril 1813.
«Monsieur le comte, forcé de quitter Hanau et de suivre mes divisions, je vous prie de me suppléer pour faire sur la cavalerie qui doit arriver, le travail dont j'étais chargé par Sa Majesté jusqu'à l'arrivée du duc de Plaisance. Vous établirez votre quartier général à Hanau; vous passerez en revue tous les détachements de cavalerie qui arriveront, et vous m'en rendrez compte journellement et me ferez connaître: 1° la force des détachements à leur arrivée; 2° le nombre d'hommes et de chevaux laissés en route; 3° le nombre des chevaux blessés; 4° enfin le lieu d'où est parti le corps. Vous me ferez connaître également le nombre des officiers présents et le nombre des emplois vacants; le nombre des sous-officiers présents et le nombre des emplois de sous-officiers vacants. Vous ordonnerez de remplir immédiatement tous les emplois de sous-officiers vacants lorsqu'il y aura des sujets propres à les remplir; vous ferez faire des mémoires de proposition pour tous les emplois d'officiers vacants lorsqu'il y aura des sujets dignes de les occuper. Enfin, monsieur le comte, vous ne négligerez rien pour me faire connaître la véritable situation de ces corps et accélérer leur organisation.
«Aussitôt après l'arrivée du duc de Plaisance, vous partirez pour me rejoindre, emmenant avec vous tous les détachements susceptibles de servir, et prendrez à l'armée, jusqu'à l'organisation des divisions, le commandement de ce qui part aujourd'hui et de ce que vous avez.
«Vous ferez connaître au duc de Plaisance que je désire qu'il continue à m'adresser des rapports semblables.
«Je vous ai fait remettre un projet de cantonnement qui donne le moyen de placer six mille chevaux aux environs de Hanau.
«Vous aurez soin de placer ces troupes d'une manière méthodique, afin que les corps puissent se rassembler facilement et que les officiers supérieurs puissent faire chaque jour la visite de leurs cantonnements. Enfin vous réglerez, par un ordre, vos instructions de manière à tirer, le plus promptement possible, le meilleur parti de ces hommes, et afin qu'ils soient bientôt en état de faire le service devant l'ennemi.»
NAPOLÉON AU MARÉCHAL MARMONT.
«Mayence, le 17 avril 1813.
«Mon cousin, je n'ai aucune nouvelle de votre corps d'armée. L'état-major ne connaît ni le nombre d'hommes que vous avez sous les armes ni le nombre d'officiers qui manquent. Le major général assure que vous avez envoyé cela au ministre de la guerre: c'est autant de chiffons qui resteront dans les bureaux sans réponse.--Envoyez vos états de situation et vos demandes au prince major général. Votre correspondance avec le ministre de la guerre est inutile aujourd'hui.--Envoyez l'état des places vacantes et celui des officiers que vous proposez d'avancer. Enfin faites connaître tout ce qui vous manque, afin que j'y pourvoie sans délai.
«Napoléon.»