Je préfère défendre Gênes au mont Cenis parce que d'Alexandrie et Gênes il protége davantage la Toscane. Au cas de retraite, il faudra prévenir les garnisons de Turin et du mont Cenis, et celle du Simplon, qui doit se retirer sur Genève que je fais mettre en défense.
Quand bien même le vice-roi quitterait le Mincio et l'Adda, la grande-duchesse doit rester à Florence; l'ennemi ne peut y envoyer un détachement de son armée. D'ailleurs, si la grande-duchesse était forcée, elle se replierait sur Rome; si elle y était encore forcée, elle se replierait sur Naples.
La présence du prince d'Essling avec trois mille hommes à Gênes, où les dépôts se forment, et les marins assurent la place. D'ailleurs les Génois ne sont pas Autrichiens.
Il n'y a rien à craindre des Suisses; s'ils étaient contre nous, ils seraient perdus. Ils sont bien loin de se déclarer aujourd'hui quoi qu'on dise. Enfin, passé février, je serai en mesure, et j'enverrai d'autres renforts. J'ai en ce moment huit cent mille hommes en mouvement, etc. L'argent ne me manque pas.
Si les autorités italiennes étaient obligées d'évacuer Milan, elles se retireraient à Gênes.
Dans tout ceci, j'ai fait abstraction du roi de Naples, car, s'il est fidèle à moi, à la France et à l'honneur, il doit être avec vingt-cinq mille hommes sur le Pô. Alors beaucoup de dispositions sont changées.
Je connais parfaitement les positions; je ne vois pas comment l'ennemi passerait l'Adige. Quand bien même l'ennemi se porterait d'Ala sur Montebaldo, il ne peut y conduire d'artillerie sur la Corona. Il y a de superbes positions où j'ai donné ma bataille de Rivoli.
L'infanterie autrichienne est méprisable; la seule qui vaille quelque chose est l'infanterie prussienne. À Leipsick, ils étaient cinq cent mille hommes, et je n'en avais que cent dix mille; je les ai battus deux jours de suite, etc., etc.
Il faut un pont sur le Pô au-dessous de Pavie vers Stradella. Il faut faire travailler à la citadelle de Plaisance.
Si j'avais su sur quoi compter pour l'artillerie, j'aurais vu si je devais aller en Italie; dans tous les cas, on peut laisser ébruiter que j'irai en Italie, etc., etc.