Nº XI.--L'EMPEREUR AU PRINCE EUGÈNE.
Paris, le 28 novembre 1813.
Mon fils, je reçois votre lettre du 22 novembre[4]. Je reconnais bien là la politique de l'Autriche; c'est ainsi qu'elle fait tant de traîtres.
[Note 4: ][(retour) ] Jour de l'entrevue avec le prince Taxis.
Je ne vois pas de difficultés à ce que vous fassiez un armistice de deux mois; mais le principal est de bien stipuler que les places seront ravitaillées journellement, afin qu'au moment où l'armistice viendra à se rompre elles soient aussi bien approvisionnées qu'avant. Je pense, au reste, que cela se borne à Osoppo et Palma-Nuova, puisque vous conservez vos communications avec Venise.
Votre affectionné père,
Napoléon.
Nº XII.--L'EMPEREUR AU PRINCE EUGÈNE.
Paris, le 3 décembre 1813.
Mon fils, j'ai accordé les décorations de la Légion d'honneur et de la Couronne de fer, que vous m'avez demandées pour l'armée dans votre lettre du 23 du mois dernier.
Le roi de Naples me mande qu'il sera bientôt à Bologne avec trente mille hommes. Cette nouvelle vous permettra de vous maintenir en communication avec Venise et vous donnera le temps d'attendre l'armée que je forme pour pouvoir reprendre le pays de Venise. Agissez avec le roi le mieux qu'il vous sera possible; envoyez-lui un commissaire italien pour assurer la nourriture de ses troupes; enfin faites-lui toutes les prévenances possibles pour en tirer le meilleur parti. C'est une grande consolation pour moi de n'avoir plus rien à craindre pour l'Italie.
Je vous ai mandé que toutes les troupes italiennes qui étaient en Catalogne, en Aragon et à Bayonne sont actuellement en marche pour vous rejoindre.
Votre affectionné père,
Napoléon.