Nº XIII.--LE PRINCE EUGÈNE À LA PRINCESSE AUGUSTE.

Vérone, le 17 janvier 1814.

Il paraît, ma chère Auguste, qu'il sera impossible de s'entendre avec l'ennemi pour une suspension d'armes. Oh! les vilaines gens! le croirais-tu? ils ne consentent à traiter que sur la même question que m'avait déjà faite le prince Taxis. Aussi a-t-on de suite rompu le discours. Dans quel temps vivons-nous! et comme on dégrade l'éclat du trône en exigeant, pour y monter, lâcheté, ingratitude et trahison! Va, je ne serai jamais roi!

Adieu, ma bonne Auguste, etc.
Eugène.

Nº XIV.--L'EMPEREUR AU PRINCE EUGÈNE.
(LETTRE EN CHIFFRES, L'EXPLICATION SE TROUVE AVEC LA LETTRE)

Paris, le 17 janvier 1814.

Mon fils, vous aurez su, par les différentes pièces qui ont été publiées, tous les efforts que j'ai déjà faits pour avoir la paix. J'ai depuis envoyé mon ministre des relations extérieures à leurs avant-postes: ils ont différé à le recevoir, et cependant ils marchent toujours.

Le dur d'Otrante vous aura mandé que le roi de Naples se met avec nos ennemis: aussitôt que vous en aurez la nouvelle officielle, il me semble important que vous gagniez les Alpes avec toute votre armée. Le cas échéant, vous laisserez des Italiens pour la garnison de Mantoue et autres places, ayant soin d'amener l'argenterie et les effets précieux de la maison et les caisses.
Votre affectionné père,
Napoléon.

Nº XV.--LE DUC D'OTRANTE AU PRINCE EUGÈNE.

Florence, le 21 janvier 1814.