II.

CAMPAGNE D'ALLEMAGNE EN 1809.

J'arrivais d'Espagne, quand je dus repartir de Paris pour cette nouvelle campagne. Le prince de Neuchâtel voulut bien m'adjoindre à ses aides de camp (j'étais capitaine aide de camp du duc de Feltre, mon beau-père). Je n'écris pas mon journal qui n'offrirait point d'intérêt, n'ayant eu aucune mission; je n'ai fait que suivre le grand quartier général. Je n'écris donc que quelques mots pour compléter mon histoire militaire.

Cette campagne avait succédé si vite à la campagne d'Espagne que l'Empereur n'avait dans les premiers temps personne auprès de lui, et que nous arrivâmes successivement, sans chevaux, sans équipages. C'était chose curieuse que de voir les officiers du grand quartier général montés sur des chevaux de paysans; d'autres officiers de la maison civile de l'Empereur remplaçant avec zèle et intelligence ceux qui n'avaient pu encore arriver.

Je rejoignis l'Empereur sur le premier champ de bataille, à Abensberg (20 avril); deux jours après, à Eckmülh, le général Cervoni fut tué à mes côtés, et je fus témoin des regrets que l'Empereur donna à cet ancien compagnon d'armes.

Après la prise de Ratisbonne, je suivis le quartier général à Vienne, et à l'affaire d'Aspern (21 mai), étant envoyé près du général Nansouty, je reçus au genou gauche une forte contusion qui me força de me rendre à Vienne, et me priva d'assister à la bataille d'Essling, le lendemain 22. Le temps qui s'écoula jusqu'à la reprise des hostilités me permit de me rétablir, et j'étais présent à Wagram et à la suite des hostilités jusqu'à l'armistice de Znaym. L'Empereur, pour récompenser ma bonne volonté, et plutôt ce que j'aurais voulu faire que ce que j'avais fait, me nomma chef d'escadron et baron de l'Empire, avec une dotation de 4,000 francs en Hanovre.

III.

MISSION À L'ARMÉE DE CATALOGNE EN 1811.

Je fus envoyé, au mois d'août 1811, en mission auprès du maréchal duc de Tarente, qui commandait l'armée de Catalogne, et qui, après un siége très-brillant, venait de reprendre le fort de Figuières, qui avait été surpris par l'ennemi. Mes instructions me prescrivaient d'aller à Girone, à Barcelonne et au mont Serrat. Le maréchal me dit que pour aller à Girone, il me faudrait l'escorte d'un bataillon, pour Barcelonne celle d'une division, et qu'enfin je ne pourrais aller au mont Serrat que lorsque toute l'armée ferait un mouvement pour s'en rapprocher. Cependant l'ordre m'avait été donné, sans tenir aucun compte de ces difficultés, tant à cette époque on ignorait ou l'on feignait d'ignorer la véritable situation de l'Espagne. Je restai donc un mois au quartier général, en me contentant de visiter Figuières et les environs.

À mon retour à Paris j'écrivis le rapport ci-joint.