«Avant le premier janvier 1807, tous les hôpitaux établis dans le Wurtemberg et la Bavière étaient évacués, et les malades en étaient tous sortis, à l'exception d'environ deux cents incurables qui furent évacués sur Strasbourg; et le seul hôpital qui fût encore en activité dans cette partie, était celui de Braunau, qui recevait les malades de la garnison.
«Pendant cette époque, la mortalité fut dans la proportion de cinquante sur mille malades, ou de vingt-un hommes pour dix mille journées.
Deuxième époque.
«Cette époque a été la plus pénible pour le service des hôpitaux: l'armée se trouvait dans un pays où les communications étaient difficiles, soit par le mauvais état des chemins, soit par le défaut de moyens de transport; cependant, après l'affaire de Pultusk, il y avait en Pologne plusieurs milliers de blessés ou de malades, et il fallait créer ou organiser des hôpitaux pour les recevoir. Les emplacemens étaient peu convenables; on n'avait ni effets, ni fournitures, ni ustensiles.
«Les employés et les officiers étaient en nombre insuffisant; plusieurs avaient été retenus dans les établissemens qui se trouvaient sur les derrières de l'armée; cependant, avant la fin du mois de janvier, il y avait vingt-un hôpitaux en activité dans la seule ville de Varsovie, et plus de dix mille malades y avaient été reçus. Le mobilier et quelques denrées provenaient de réquisitions; mais on avait passé des marchés pour la fourniture du pain, du vin et des médicamens. Les malades arrivaient dans ces établissemens sur des voitures ou des traîneaux; ceux qui étaient légèrement blessés, s'y rendaient à pied: c'est ainsi qu'on trouva moyen d'évacuer en partie les établissemens de première ligne de Nasielzk et Pultusk.
«Après la bataille d'Eylau, on eut besoin de faire de nouveaux efforts; on était éloigné des grandes villes, qui eussent pu offrir de grandes ressources. Les hôpitaux que l'on réussit à établir se trouvèrent encombrés, parce que les évacuations étaient difficiles.
«L'empereur ayant désiré que l'on constatât, par un recensement exact, le nombre de nos blessés après la bataille d'Eylau, et aux affaires qui l'avaient précédée, il fut fait le même jour une revue nominative dans tous ces hôpitaux: le résultat en est établi dans un des états ci-joints.
«On ouvrit des hôpitaux à Bromberg, Fordon, Schwedt, Nieubourg,
Dirschau, Marienverder, Marienbourg, et Elbing.
«Dans quelques uns de ces établissemens, le vin, les alimens légers étaient payés sur le fonds des hôpitaux; il en était de même pour les dépenses de propreté et de médicamens.
«Pendant cette époque, le nombre des morts fut dans la proportion de soixante-dix-neuf sur mille malades, ou de vingt-neuf sur dix mille journées.