[63]: Voyez, dans la Bibliothèque des Romans, la Femme auteur, ou la Femme philosophe, et une foule de petites nouvelles dans le même genre. Ce sont des pamphlets contre madame de Staël.
[64]: Madame de Genlis avait fondé un ordre appelé l'ordre de la Persévérance; elle prétendit alors que c'était un ordre ancien et qui venait de Pologne. Madame Potocka et un Polonais lui donnèrent quelques idées là-dessus, et le roi de Pologne acheva la mystification que voulait faire madame de Genlis. Cet ordre a fait beaucoup de bruit; on prétendit dans le temps que la Reine avait demandé à en être, et qu'elle avait été refusée; je ne le crois pas, quoique madame de Genlis le nie dans ses Mémoires de manière à le faire croire. Au reste, l'anneau donné aux chevaliers ne leur imposait tout simplement que la perfection; il portait en lettres émaillées: Candeur et loyauté, courage et bienfaisance, vertu, bonté, persévérance.
[65]: Un homme d'un mérite supérieur, et qui joint à ce mérite un esprit spécialement fin et d'une nature à la Sterne, M. Dupin, le président de la Chambre, me disait un jour en parlant de ces mains secouées, façon de s'aborder aussi grossière que ridicule, mais en usage enfin, et voilà ce qui lui déplaît avec raison, qu'il fallait nommer cela des patinades.
[66]: L'oncle de M. de Talleyrand. J'ai encore aujourd'hui ma bonne et excellente amie, la comtesse de La Marlière, qui, avec ses quatre-vingt-quatre ans, a toute la vivacité d'une femme de trente ans, et qui me parle de tout le dernier siècle avec un esprit qui est ravissant. Ce qu'elle sait est infini, ainsi que mon vieil ami M. Lageard de Cherval.
[67]: Grand-père d'Élie de Périgord.
[68]: Qu'on voie à quel point cela est vrai pour Napoléon: il avait madame de Staël contre lui; eh bien! elle lui a nui plus peut-être que 25,000 hommes.
[69]: Madame de Châlons, jeune et charmante femme, et cousine de la duchesse de Polignac; elle accompagna son mari en Portugal, où il fut nommé ambassadeur en 1790. Ce fut le dernier ambassadeur de famille que la France envoya dans la Péninsule. Il fut reçu avec le cérémonial le plus bizarre, où se trouvent de ces usages qu'on suit aujourd'hui parce qu'on l'a fait hier. Ce cérémonial était le plus ridicule du monde; le détail s'en trouve dans mes Mémoires sur l'empire. Par exemple, l'ambassadeur était reçu à la descente de son vaisseau ou de sa galère, soit qu'il fût venu par mer ou par l'Espagne, les deux seules routes pour parvenir à Lisbonne, par le grand de Portugal le dernier ayant reçu la grandesse. Ils montaient tous deux seuls dans une voiture de la cour; l'ambassadrice prenait une autre route également dans les voitures de la reine[69-A]. L'ambassadeur et le grand de Portugal arrivaient à l'ambassade; là, ils trouvaient une table somptueusement servie pour trente couverts, mais pas un convive. Ils se saluaient silencieusement et se mettaient à table. On offrait de deux ou trois plats au seigneur portugais, qui flairait seulement, et lorsque le cuisinier était bon, comme le mien, par exemple, qui était le meilleur de Paris[69-B], c'était un sacrifice. Les deux hommes demeuraient ainsi en face l'un de l'autre pendant vingt minutes à peu près... ensuite le Portugais se levait, et l'ambassadeur le reconduisait jusqu'à sa voiture. Une fois parti, l'ambassadeur remontait, bâillait, s'il était triste de son humeur, chose qu'il n'avait point osé faire, et riait, qu'il fût gai ou non, car il le fallait bien, de cet original qui venait ainsi demander à dîner à des gens qui arrivent et n'ont pas encore leurs malles ouvertes... La même chose arriva pour nous; ce fut l'ambassadeur d'Espagne, que nous ne connaissions pas, qui prêta tout ce dont on avait besoin. Voilà ce que c'était que le Portugal en 1806.
[69-A]: La reine était folle, mais elle régnait toujours; il y avait une régence, et les actes portaient son nom.
[69-B]: Il était si excellent, qu'un jour M. de La Vaupalière le reconnut en mangeant d'une tête de veau en tortue chez moi... La Vaupalière s'écria:—Il ne peut y avoir qu'un seul homme dans Paris qui puisse faire ainsi une tête de veau! C'est Harley!... C'était lui, en effet. Cet homme portait, vers la fin de son service, l'insolence culinaire à un tel point, qu'il ne faisait les jours de grands dîners chez moi que les trois ou quatre plats qui étaient devant moi, et qu'il savait que j'aimais;... le reste du dîner était bon, mais avec une grande différence: c'était celui qui était sous lui qui agissait. Quant à lui, il allait au spectacle à Lisbonne, au grand théâtre italien, avec la même fashionabilité que le premier secrétaire d'ambassade. C'était un type très-curieux à étudier que Harley. Tel était le nom de mon cuisinier... il vit toujours.
[70]: Madame de Staël, Louise-Germaine, etc., etc.