MADAME DE STAËL.
Ma mère, demandez à madame de Blot et à madame la duchesse de Lauzun si j'ai tort d'être méchante!.. Méchante, d'ailleurs!... En quoi le suis-je donc pour elle, moi?...
Plusieurs voix ensemble.
Vous ne l'êtes pour personne!... pour personne!!!
MADAME DE STAËL, avec émotion.
Eh bien! eh bien! qu'est-ce donc? Sans doute je ne suis pas méchante; qu'y a-t-il d'étonnant?... Je ne fais là que mon devoir de membre social de la grande famille humaine... Je disais donc, ma mère, que je n'étais pas méchante pour madame de Sillery; et après tout je pouvais l'être, mais je ne l'ai pas été. Je ne me suis pas réjouie du mal que dit de moi M. de Champcenetz, parce qu'il en disait d'elle!... Jamais, je l'avoue, je n'ai porté le degré de haine jusque-là. C'est pourtant ce qu'elle a fait.
MADAME DE BARBANTANE.
Qu'est-ce donc que cette histoire? Je ne connais pas cela? En quoi donc madame de Genlis et vous, mon cœur, avez-vous pu être réunies?
MADAME DE STAËL.
Oh! c'est une vieille histoire... mais plaisante, après tout, et bien originale.