J'avoue que j'ai cru avoir mal lu la première fois que je vis cette anecdote dans le premier volume de ses Mémoires!... et je pensai que peut-être elle avait voulu mettre: «La jeunesse n'est heureuse que lorsqu'elle s'amuse;» mais pas du tout; c'est «modeste» qu'il faut être. Quant à cela, ça va sans dire; mais que pour être modeste il soit nécessaire de se mettre en évidence de cette manière, de faire de l'éclat, de se masquer, de fixer tous les regards, d'attirer tous les hommages d'un cercle, voilà ce que je ne puis trouver en accord dans ma pensée avec la modestie d'une jeune fille à l'existence pure et ignorée, et faisant l'orgueil et la joie de sa famille par ses vertus simples et modestes. Cette anecdote m'a toujours paru une vraie plaisanterie avec laquelle madame de Genlis mystifie ses lecteurs comme elle mystifiait le chevalier don Tirmane.

[60-A]: Page 334, premier volume des Mémoires.

[61]: Ce n'est pas que j'aie le mauvais goût de déclamer contre ce siècle; il vaut autant, peut-être mieux que le nôtre. Je dis seulement que ce qui existait alors n'existe plus. D'autres choses ont remplacé le passé, voilà tout.

[62]: Mademoiselle Baillon était une charmante jeune personne, parfaite musicienne et composant à ravir. Elle a fait un opéra, appelé Fleur d'épine, qui eut du succès. Elle a épousé depuis le célèbre architecte Louis.

[63]: Le portrait de madame de Genlis dans le costume de ce quadrille existe, et je le possède.

[64]: Il n'en est pas ainsi aujourd'hui, où, pour entendre et souvent voir très mal jouer la comédie, on s'étouffe dans un lieu dans lequel on entasse à grand'peine six cents personnes, quand il n'y a place que pour trois cents.

[65]: Il existe des biographies vraiment impardonnables, parce que les auteurs peuvent se procurer près de la famille tous les renseignements possibles. M. Prudhomme a fait une galerie de Femmes célèbres, où les mensonges les plus grossiers se rencontrent à chaque ligne. Madame de Montesson, qu'il fait naître en Bretagne, n'y a même jamais été de sa vie. Elle est née à Paris, et elle était sœur de la mère de la comtesse de Genlis, comme la comtesse de Sercey l'était de son père.

L'autre jour, j'avais besoin d'un renseignement sur madame de Genlis; je fus avec confiance le chercher dans le Dictionnaire de la Conversation, à l'article Genlis, fait par J. Janin. Je ne m'attendais pas aux plus grossières erreurs; elles sont si singulières que je m'imagine qu'ayant trop d'occupation, M. J. Janin a fait faire cet article par un secrétaire, qui lui-même en a chargé quelqu'un très-ignorant de ce qu'a jamais fait madame la comtesse de Genlis.

[66]: Grand-père et grand'mère du marquis de Custine, l'auteur du Monde comme il est.

[67]: Le marquis Maurice de Balincourt, ami et estimé de tous ceux qui le connaissaient, est leur fils.