[87]: Théorie des sentiments moraux, etc., etc., suivie d'une dissertation sur l'origine des langues.
[88]: Né en 1743, il avait quarante-cinq ans au moment où la Révolution commença, en 87.
[89]: Ceci a pourtant besoin d'être expliqué. Je ne donne pas à ma pensée une latitude entière, comme on le peut croire.
[90]: Le portefeuille était la bourse de ce temps-là, à cause des assignats.
[91]: C'est un datura plus vénéneux que les autres, dont la combinaison avec l'opium d'Orient donnait à l'instant même la mort... Depuis nous avons trouvé l'acide prussique. Il y a une femme nommée, je crois, madame Pigeon, et puis madame Tharin, qui a empoisonné onze personnes avec l'acide prussique. J'ai rencontré dans le monde une femme qu'on m'a dit être l'amie de madame Pigeon, de cette dame colombe, qui je crois trompa un médecin qui fut sa dupe. Je verrai à connaître cette affaire plus clairement.
[92]: Ceci me rappelle un mot remarquable d'un paysan de Bourgogne... Le seigneur de ce village, anobli depuis vingt ou trente ans, parlait beaucoup de son désespoir d'être contraint à brûler SES TITRES! Enfin, un jour il convoque ses paysans dans la cour de son château, et fait de cet auto-da-fé une cérémonie, dont le détail devait le sauver, à ce qu'il espérait, du comité révolutionnaire. Il arriva donc fort gravement, portant dans ses bras un énorme paquet de parchemins du plus beau blanc, avec des touffes de rubans verts et rouges, dont l'éclat annonçait le peu d'existence... et il les jeta dans un grand brasier, qui avait été allumé au milieu de la cour du château. Mais soit que les parchemins fussent humides, soit que le feu ne fût pas assez ardent, soit enfin que Dieu s'en mêlât, les malheureux parchemins ne voulaient pas brûler... Le marquis avait beau souffler, rien ne prenait. Enfin, un paysan s'approchant du feu, et le regardant alternativement, lui et les parchemins, avec ce sourire niaisement fin que les paysans de nos provinces savent si bien allier avec une apparente stupidité, lui dit en patois:
—Laissez-les, laissez-les, monsu le marquis... y ne breuleront pas... y sont trop vards!...
[93]: Je l'ai fait pour le montrer comme point de contraste avec l'époque.
[94]: On doit avoir encore cette tapisserie au château de Louvois; elle y est bien longtemps demeurée comme une preuve parlante de cette histoire. Lorsque je fus en Bourgogne pour la première fois, elle y était encore, et M. Maldan, mon beau-frère, qui me montrait le château comme cicérone, me racontait que le tailleur d'Ancy-le-Franc, qui avait fait cette belle besogne, la tête montée par cette aventure, était venu à Paris pour s'y établir, comptant sur sa renommée; mais il fut obligé de revenir à Ancy-le-Franc.
[95]: Une épée était une chose indispensable dans la toilette et la tenue d'un homme. Il n'y avait qu'une exception, elle était pour le maître de maison chez lui; mais aussitôt qu'il y était en cérémonie, il avait l'épée au côté... Cette coutume était une mode, on peut le dire, de la régence et de Louis XV. Sous Louis XIV on ne portait à la cour ni l'épée, ni l'uniforme, excepté pour prendre congé quand on partait pour l'armée...