Vous êtes bien sévère aujourd'hui, mon ami: pourquoi nous accuser des fautes de M. de Bièvre? Sans doute, nous avons ri de ce qu'il disait, mais c'était à son bon goût à discerner la vraie louange de la raillerie complimenteuse... Est-ce nous qui lui avons fait arranger son parc en calembours?

MILLIN.

Comment cela?

MADAME DE LATOUR.

Ah! c'est que Millin n'a pas vu le parc!...

LA MARQUISE DE COIGNY.

Ni moi non plus, ni Fanny!... Qu'est-ce donc qu'il a, ce parc?

MADAME DE MONTESSON, se levant en tenant toujours sa palette et son bâton de chevalet, et parlant en regardant en perspective ses belles fleurs terminées.

Eh bien! je suis précisément un peu fatiguée, je veux prendre l'air; nous allons parcourir le parc et les communs du château, car, eux aussi, ils ont leur part dans la distribution d'esprit.

Tout en parlant, madame de Montesson avait détaché un grand tablier de taffetas vert et des bouts de manches en même pour préserver sa robe blanche, dont l'éblouissante neige était toujours l'objet de mon admiration... Elle demanda un chapeau de paille, un parasol, qui ne s'appelait pas encore une ombrelle, et nous nous mîmes en marche sous les ravissants ombrages du parc de Bièvre, conduites par madame de Montesson.