Et en disant ces derniers mots, il lança sur M. de Stac......g un regard qui remboursait tous les mouvements de tête insolents.

—Mon Dieu, la jolie histoire! et qu'elle est bien contée! n'est-il pas vrai, Lemercier? dit madame de Staël en s'adressant à un jeune homme petit, pâle et blond, dont la physionomie intéressante annonçait de l'esprit et une extrême finesse.

Il s'inclina devant madame de Staël en réponse à ce qu'elle venait de lui dire... Dans ce moment, on servait du thé, et le mouvement général fixa le jeune homme près de madame de Staël...

—Eh bien! lui dit-elle, que deviennent toutes les productions de cette jeune et bonne tête?... Tenez, général, regardez ce jeune homme qui paraît à peine avoir vingt-cinq ans; eh bien! il a déjà publié, depuis 92, de bien beaux vers et une quantité de pièces de théâtre, le Lévite d'Éphraïm..., Lovelace...., le Tartufe révolutionnaire...., Ophis...., et puis, aidez-moi donc, Lemercier.

DUPONT DE NEMOURS.

Et Agamemnon, madame!... son ouvrage peut-être le plus achevé. C'est une pièce digne d'Euripide, mon cher Lemercier, et votre talent nous rendra fiers si vous continuez à produire ainsi...

LEMERCIER.

Le public de Paris n'est pas toujours de l'avis des gens de goût; voyez ce qui s'est passé dernièrement à Pinto!...

MADAME DE STAËL.

Ah! ne parlons pas de cela!... Ce malheureux Pinto!... Je me le rappelle bien... Mais le moyen de lui parler de cette soirée?