—Pour lui, je le conçois, dit madame de Staël en montrant M. Vanberchem; car il pense un peu plus à courir au bois de Boulogne autour des jolies femmes de sa connaissance, qu'à la Bourse après la parole d'un courrier; mais vous, M. Hottinguer?
—Mon Dieu, pas plus que lui... mais vous le croyez donc bien léger?
—Léger, non; mais il est jeune et beau, il doit aimer le plaisir; et lorsque celui-ci est en concurrence avec le sérieux des affaires, tant pis pour elles.
—Madame Hulot, mademoiselle Hulot et madame Vandenyverd[119], annonça le valet de chambre; et le moment d'après, il nomma M. Ouvrard...
—En vérité, dit madame de Staël à madame Vandenyverd lorsqu'elle fut assise, je crois que nous pouvons établir ici deux commissions, comme cela se fait dans le Corps-Législatif, une pour les finances et l'autre pour les affaires politiques.
—Cette dernière chose est bien vague, dit M. Vanberchem; est-ce donc dans la commission de la politique que vous me voulez mettre, puisque vous me jugez incapable de parler finances?
Madame de Staël se mit à rire, et expliqua ce que voulait dire la phrase de M. Vanberchem.
—Je vous assure, dit Ouvrard, que Billy est un garçon qui fait marcher de front les plaisirs, les affaires, les dangers et son salut.
—Que lui est-il donc arrivé? s'écria madame de Staël; car tout l'impressionnait vivement, et lui donnait à l'heure même une sorte d'agitation.
M. VANBERCHEM.