M. DE TALLEYRAND.

C'est vrai.

FRANÇOIS DE NEUFCHÂTEAU.

Cependant, général...

BONAPARTE.

Non, non, croyez-moi; sans doute le général qui commande en chef a beaucoup à faire, mais il est seulement la tête qui conçoit; ses officiers, ses soldats sont les bras qui exécutent. Ah! ma brave armée d'Italie!... mes braves frères d'armes!...

CHÉNIER, ému.

Général, vous venez d'être poëte comme je ne le serai jamais dans toute ma vie...

BONAPARTE, souriant.

Vraiment! je m'en doutais d'autant moins que je n'ai certes pas le talent des vers. Je n'ai jamais pu en faire vingt de suite; les seuls que j'aie composés l'ont été par moi dans ma première jeunesse pour madame Saint-Huberti, qui passait par Marseille où j'étais alors.