Pas une seule!... On doit faire une si drôle de figure!... Que peut-on dire?

M. AMÉDÉE DE FONTENILLE.

Ce n'est pas vous, madame, qui seriez embarrassée dans un pareil moment...

MADAME DE TRAVANET.

Oh, maintenant!... maintenant ne parlons plus de tout cela...

On ne continua pas plus longtemps la conversation sur ce sujet; mais rien n'en fut perdu pour toutes ces personnes désireuses de tout amusement et voulant ne laisser échapper aucune occasion convenable de se divertir...

Mademoiselle de Fontenille, la plus vive de toute la société, imagina sur l'heure même un projet dont l'exécution devait être admirable.

Le lendemain, toute la société de Rouvres alla à Crosne chez le duc de Brancas[171] (Céreste); mademoiselle de Fontenille mit la duchesse de Brancas dans le secret. Le plan fut parfaitement organisé, rien n'y manqua. Quelquefois la gaieté ne se pouvait contenir en songeant au jour où la chose allait arriver; alors les rires redoublaient; et cette bonne madame de Travanet, qui était toujours heureuse du bonheur des autres, riait avec eux sans savoir que c'était elle qui faisait les frais de cette gaieté.

—Comme ils sont heureux! disait-elle à madame de Fontenille... Toute la conspiration fut ourdie dans le plus profond mystère, et cependant bien des conférences eurent lieu. Des demi-répétitions furent faites, et pour tout cela il fallait des courses à Montgeron, chez M. de Folleville, à Crosne, chez la duchesse de Brancas... Mademoiselle de Fontenille n'était plus un moment en place: elle était en course dès le matin; son frère, Amédée de Fontenille, était comme elle aimable et actif, et toujours prêt à rire.

Enfin tout fut terminé à la joie des conspirateurs, qui voyaient arriver avec bonheur le jour de l'exécution de leur plan; il avait été bien discuté, bien mûri; les rôles distribués, les lieux reconnus... Enfin tout était prêt et subordonné seulement au temps qu'il ferait; on fixa le jour, sauf cette seule exception.