[66]: Madame de Genlis ne dit ici que ce qui est. Autrefois les femmes, lorsque le maître d'hôtel avait annoncé le dîner, sortaient toutes les premières du salon: celles qui étaient le plus près de la porte passaient les premières en se faisant quelques compliments, mais qui n'entravaient pas la marche. Les hommes passaient ensuite, et à table on se plaçait selon ses goûts et sa convenance. Quelquefois le maître de la maison mettait auprès de lui les deux femmes les plus importantes.
[67]: M. de Valence parle ainsi parce que de son temps c'était la manière de s'exprimer: on était ou charmé, ou ravi, ou désespéré, et souvent c'était de ne pas rencontrer ou de rencontrer quelqu'un. Cette façon de parler était surtout singulière lorsqu'on faisait une narration dans laquelle on faisait, comme ici M. de Valence, intervenir Napoléon qui était surtout le plus concis des hommes.
[68]: Il ne fut exilé que quelque temps après.
[69]: Sabatier de Cabre, ancien conseiller-clerc au parlement de Paris, homme de beaucoup d'esprit, le plus grand puriste que j'aie connu. Il avait un esprit qui pouvait ne pas plaire en tout, en ayant beaucoup.
[70]: À cette époque, on aurait trouvé peu convenable qu'on fût trop hostile contre les ouvrages d'une femme; mais le champ était libre, et M. de Feletz l'a prouvé avec madame de Staël: elle fut souvent péniblement affectée par les feuilletons du Journal des Débats. Que de lignes fines et spirituelles ont été insérées dans le Journal de l'Empire (le même journal que les Débats) sur le petit nuage de Corinne! Ce petit nuage a suffi pour déranger quelquefois la paix littéraire de l'auteur. Mais pour faire de l'esprit sur un défaut sans arriver à l'injure, il faut de l'esprit et de l'esprit de critique.—On ne l'a pas parce qu'on rêve qu'on l'a. La critique haineuse est non-seulement une entrave à l'esprit, mais à la raison, sans laquelle on ne peut écrire, même un feuilleton.—Les personnalités sont odieuses, presque toujours injustes, et, ce qui est plaisant à observer, toujours inutiles à la critique. Qu'est-ce que tout cela prouve? répondait Beaumarchais dans ce fameux mémoire que les Goëzman l'avaient contraint d'écrire. Qu'est-ce que cela prouve?... et il ajoutait des pages qu'il n'eût pas écrites sans la polémique ouverte par ses ennemis.—Ce qui lui fit dire un jour: Mes ennemis m'ont forcé de me sauver sur un piédestal.
[71]: Les quatre premiers volumes de la Correspondance littéraire avec le grand-duc de Russie. Ces quatre premiers volumes parurent à cette époque, et l'impression, bien plus soignée que celle des autres, fut surveillée par La Harpe lui-même avant son exil.
[72]: On dirait que celui qui attaquait M. de La Harpe est un frère de celui qui m'a fait l'honneur d'un feuilleton si véridique, comme critique, dans le numéro du 9 septembre dernier de la Gazette de France. J'ai répondu avec des faits à ce que ce monsieur disait sur les miens; mais j'ai été plus concise dans ce qui me concerne, quoique cependant j'eusse beau jeu pour répondre victorieusement. Voici une des omissions que j'ai faites dans ma réponse au feuilleton. Je répare ici cet oubli pour donner encore un exemple de la mauvaise foi d'une critique de ce genre.
L'auteur du feuilleton, pour prouver que je ne suis VRAIE EN RIEN, disait, comme on le sait, que j'avais quatre-vingt-trois ans, et que j'étais de la communion de l'abbé Châtel! et pour fortifier ces belles assertions, il disait encore:
«Enfin, madame d'Abrantès sait si peu ce dont elle parle, qu'elle prend Christophe de Beaumont pour Élie de Beaumont, et elle confond l'archevêque et l'avocat.»
Je connais peut-être mieux l'histoire et les noms des archevêques de Paris que le monsieur du feuilleton; mais je ne le lui prouverai pas autrement que par un mot; ce qui suffit pour ce qu'il avance. Le voici: il le trouvera dans mon Histoire des Salons, tome Ier, page 298, Salon de monseigneur de Beaumont: